Lecture Genèse 30 : 22-24.

1) DIEU ENLEVE.

Rachel a longtemps souffert de sa stérilité. A son époque, la douleur provenant de ce problème était accentuée par la honte qui reposait sur la femme incapable de donner une descendance à son mari. On la considérait généralement responsable de son état. De plus existait souvent une rivalité entre femmes au sujet de la capacité à donner la vie. Rachel était humiliée car elle n’était pas en mesure selon la mentalité très marquée de l’époque de remplir pleinement son rôle de femme. 1 Sam 1 : 4-8. 

Le Seigneur a manifesté Sa grâce et a agi au travers d’un miracle. Rachel est tombée enceinte et a donné naissance à Joseph. Son nom est porteur d’une double signification : « Dieu enlève » et « que Dieu ajoute« . Nous allons nous pencher sur ces 2 mentions.

Rachel a nommé son premier-fils ainsi car son nom correspondait à son expérience : l’Eternel a enlevé son opprobre d’être stérile. Il l’a libérée de la honte liée à son impossiblité d’enfanter. Dans la bible, la plupart des noms ont une signification qui correspond à la situation des parents, à leurs sentiments, à leurs souhaits, à leur vécu. Elle devait certainement culpabiliser de ne pas pouvoir engendrer de descendance. Le Seigneur l’a délivrée de la culpabilité. Elle pouvait dorénavant relever la tête et regarder les autres en face. Elle s’est sentie enfin digne. Pour la femme de Jacob, cette étape a été déterminante.

De la même façon, nous avons à gérer différentes phases dans notre vie. Le plan de Dieu consiste à nous faire entrer dans une nouvelle dimension. Une étape incontournable dans la vie d’un être humain est celle au cours de laquelle le Seigneur enlève le jugement et la condamnation dus au péché. Devant le Créateur pur et saint, nous sommes tous pécheurs. Ps 14 : 1-3; 53 : 1-4; Eccl 7 : 20; Rom 3 : 10-12; 1 Jean 1 : 8. La repentance sincère et profonde, le regret véritable et authentique d’avoir offensé Dieu, la confession du péché et le désir ardent de l’abandonner et d’en être libéré, le choix d’accepter Jésus pour expérimenter la nouvelle naissance : ces expériences permettent au Seigneur d’enlever la condamnation et d’accorder la vie éternelle. Prov 28 : 13; Ps 32 : 5; Jér 31 : 34; Act 3 : 19; 1 Jean 1 : 9.

Les chrétiens doivent avoir une bonne vision de leur mission : accueillir les incroyants, les accepter et les aimer avec leurs péchés pour les conduire sur le chemin du salut. En effet, Jésus n’a jamais exigé d’une personne qu’elle change pour lui témoigner de la compassion. Il a d’abord manifesté de la miséricorde. Les disciples ont besoin de se souvenir de l’état dans lequel ils étaient quand le Seigneur les a accueillis et bénis 

1 Sam 15 : 17. Il est important qu’ils aient toujours à l’esprit que le Sauveur a déployé Sa grâce infinie sur leur vie et a oté leur condamnation. Rom 8 : 1. Cela permet d’avoir envers les autres la même attitude.

Malgré cette glorieuse réalité, plusieurs croyants vivent encore sous le joug de la culpabilité. Ils se sentent toujours coupables et sont paralysés par leur passé. Ils mettent l’accens sur leur indignité. Ils sont régulièrement accusés par leur conscience. Ils se considèrent comme punis. Ils croient que leur situation ne pourra jamais évoluer. Leur passé les accable et les empêche d’avancer. Pour sortir victorieux de cette crise et franchir avec succès cette étape, il convient de réaliser les affirmations de l’Ecriture au sujet de Satan. Il est menteur et accusateur. Zach 3 : 1; Jean 8 : 44; Apo : 12 : 10. Ses armes favorites grace auxquelles il tient des gens liés et prisonniers sont le mensonge et l’accusation. Cela lui permet de dominer et de tenir captifs des multitudes de personnes dont de nombreux croyants. 

Le passage à l’étape suivante et la victoire sur cette phase consistent à croire la vérité biblique suvante : Jésus n’est pas venu pour juger ni pour condamner mais pour sauver et pardonner. Son oeuvre à la croix est pleinement suffisante pour libérer du péché, des ténèbres et introduire dans une vie nouvelle. La puissance du diable réside essentiellement dans le mensonge et l’accusation, la puissance du chrétien réside dans sa foi. Il s’agit donc de croire les affirmations de la Parole et de repousser les pensées fausses et erronées. Dans Sa confrontation avec Satan, Jésus l’a triomphalement repoussé en mentionnant avec autorité les Ecritures. Mat 4 : 1-11. Il n’est donc pas question de s’appuyer sur les sentiments, sur les émotions ou sur le ressenti qui peuvent être trompeurs mais sur ce que Dieu déclare. Un disciple victorieux qui franchit avec succès les différentes étapes de sa vie est un disciple qui croit le Seigneur sur parole et proclame les vérités bibliques car celles-ci rendent libres. Jean 8 : 31; Rom 10 : 9. 

Dans le verset Gen 30 : 23, le mot opprobre signifie « honte » mais aussi « reproche, mépris« . Des situations sont parfois pénibles à supporter car des personnes ont à affronter les reproches et le mépris des autres. De plus, quand on est esclave de la culpabilité, on se fait des reproches et on s’en veut. Cela conduit à se mépriser. Dans d’autres cas, par réaction aux outrages subis, on retourne les reproches contre les autres et on arrive à les mépriser. Parfois, on adresse des reproches à Jésus. Jean 11 : 21; 11 : 32. 

Le Seigneur désire enlever l’opprobre dans le sens où Il veut guérir les coeurs blessés par les reproches et le mépris. Son oeuvre est également de délivrer de la tendance destructrice à prononcer des reproches et du mépris envers les autres ou envers soi-même. Jacq 3 : 1-12.

2) DIEU REND FECOND.

Rachel était stérile. Elle a été bénie et s’est trouvée miraculeusement enceinte. Puis, elle a enfanté Joseph. Il convient de préciser que ce genre de miracle est toujours d’actualité. Le Seigneur n’a pas changé et les prodiges réalisés pour les personnages bibliques sont à portée de notre foi. Gen 18 : 6-15; 21 : 1-3; Luc 1 : 5-7; 1 : 11-13; 1 : 23-25; Héb 13 : 8. Ainsi, des couples stériles ou dans l’impossibilité d’avoir des enfants sont invités à demeurer dans la foi et à espérer la bénédiction divine.

Sur un plan spirituel, le Seigneur souhaite aussi rendre Ses enfants féconds. Cela se produit quand un individu se tourne vers Jésus, L’accepte dans son coeur et se donne à Lui. La nouvelle naissance est alors opérée par le Saint-Esprit et la Parole de Dieu. Jean 3 : 1-8; Jacq 1 : 18; 1 Pie 1 : 23. La vie divine est alors présente dans le coeur du croyant comme la vie biologique est présente dans le corps de la femme enceinte. Ensuite, selon la sagesse du Créateur, l’embryon se développe pour devenir un foetus qui deviendra plus tard un enfant. Ce n’est pas la mère qui développe la vie qui est en elle, c’est le Créateur. Par contre, sa responsabilité est de ne pas entraver le processus de croissance vitale mais au contraire de le favoriser par une sage gestion des efforts, une alimentation équlibrée, une abstinence d’alcool…

De la même manière, le croyant ne peut pas produire ni développer la vie divine qui est en lui. C’est la part du Seigneur. Par contre, sa responsabilité est de faciliter et d’avantager cette croissance spirituelle. 1 Cor 3 : 5-9. Elle se réalise lorsque le disciple se détache du péché et recherche tout ce qui plait à Jésus. Elle est réelle quand les bonnes priorités sont établies : prière, méditation biblique, temps de reccueillement, pratique de la louange, vie d’église, consécration et engagement dans un ministère. Mat 6 : 33; Col 3 : 1-2; Col 3 : 16; 1 Thes 5 : 17; 1 Pie 2 : 1-2. 

Puis, la phase suivante est l’enfantement. Dieu désire que l’église enfante des nouveaux-nés spirituels après les avoir accueillis, aimés, accompagnés, soignés, choyés. 2 Tim 1 : 1-2; Philémon 10-12. De plus, le disciple est destiné à enfanter, à engendrer de bonnes oeuvres qui glorifient le Seigneur. Eph 2 : 10; Tite 2 : 7; 3 : 8; 3 : 14. 

3) DIEU AJOUTE.

En appelant son fils Joseph, Rachel a exprimé sa libération par rapport à la honte et à la condamnation qui pesaient sur sa vie. Mais elle a manifesté également de la foi et de l’ambition en regardant l’avenir. Elle s’est attendue à ce que l’Eternel la bénisse de nouveau avec un autre enfant. Gen 30 : 24. Elle n’a pas souhaité se contenter d’un seul fils. Ainsi, la deuxième signification du nom de Joseph est : « que Dieu ajoute« . Elle considérait à juste titre que le Seigneur était riche en bontés et en bienfaits. Si elle avait été bénie une fois, il n’y avait pas de raison qu’elle ne le fut pas à nouveau. Ps 115 : 14; Eph 3 : 20.

Il est important que les chrétiens prennent exemple sur Rachel et manifestent une saine ambition spirituelle. On peut dans le domaine de la foi se satisfaire du minimum : être sauvé et avoir la vie éternelle, participer de temps en temps à la vie d’église, ouvrir un peu la bible pendant quelques minutes, prier seulement quand c’est possible (c’est-à-dire quand il reste du temps après toutes les autres activités, quand l’envie est là, quand on n’est pas trop fatigué), être impliqué dans un service de l’assemblée à condition que ça ne coûte pas énormément, donner une partie de son argent au Seigneur quand tous les besoins et toutes les envies personelles ont été assouvis. Dans ces conditions, le croyant n’entre pas pleinement dans le plan divin car le dessein de Dieu n’est pas la satisfaction du minimum mais la recherche du maximum. Cette réflexion doit conduire tous les disciples à s’éxaminer pour savoir où ils en sont dans le domaine de l’engagement spirituel. 

2 Cor 13 : 5.

Il est indispensable de remercier Jésus pour Ses bénédictions et Ses faveurs. 1 Thes 5 : 18. Ressembler à Rachel signifie avoir la vision et la foi que Dieu veut ajouter des bienfaits à ceux qu’Il a déjà accordés. Un chrétien animé d’une saine ambition spirituelle est ardemment motivé pour grandir dans sa foi, saisir d’autres victoires, accomplir d’autres progrès, vivre d’autres expériences. Il est reconnaissant pour ce qui a été fait, mais il ne veut pas en rester là. 

Un jour, Pierre a vu un miracle extraordinaire : Jésus a multiplié les pains et les poissons de façon à nourrir une foule immense. Mat 14 : 15-21. Le soir de cette journée, il est monté dans une barque avec ses compagnons pour traverser le lac. Mat 14 : 22-23. Il aurait pu se contenter d’avoir passé un bon moment. Il aurait pu consacrer son temps de la traversée à se remémorer les moments glorieux de la journée et à s’en satisfaire. Au lieu de cela, il a saisi une occasion pour faire un bon en avant au niveau de sa foi. C’est le fameux épisode de la marche sur l’eau. Mat 14 : 24-33. Comme Pierre, permettons à Dieu d’élever notre niveau de foi et saisissons les opportunités de grandir spirituellement au travers d’expériences fraîches et renouvelées. Dieu veut ajouter des faveurs dans nos vies.

Philippe LANDREVIE