1) LE LILAS. Lecture Luc 13 : 6-9.

Il y a environ 6 ans, j’ai coupé une bouture d’un beau lilas dans la propriété de ma mère et l’ai ensuite mis en terre dans notre jardin. Elle ne faisait à l’époque que 15 centimètres. Je l’ai arrosée et placé une partie de la tonte de l’herbe du jardin à ses pieds. Elle s’est développée normalement en taille et en feuillage durant les 5 années suivantes.

Mais j’ai remarqué ce qui m’a semblé être une anomalie : notre lilas ne produisait toujours pas de fleurs ! Il était beau et atteignait dernièrement 1,70 mètres, il s’était certes bien étoffé mais aucune fleur n’était apparue. Or, le but de cet arbuste, le sens de sa création est justement de donner naissance à des fleurs. Celles-ci sont particulièrement odorantes et revêtent de magnifiques couleurs blanches ou violettes. De plus, elles servent également au butinage de certains insectes. Ces-derniers participent ainsi à la reproduction de la vie.

De la même manière, l’être humain est une créature de Dieu qui a un rôle à jouer sur cette terre. Le secret d’une existence réussie réside dans la découverte du sens de la vie. Chaque individu est effectivement destiné à rencontrer le Seigneur pour Le suivre, Le servir et développer une relation vivante basée sur l’amour et la foi. Marc 3 : 14-15; Jean 17 : 3; Eph 2 : 10; 1 Jean 4 : 19. Cette communion spirituelle débute ici-bas et se poursuit avec son prolongement dans l’éternité. Jean 14 : 3; 17 : 24.

Il est possible de réussir dans la vie dans le domaine professionnel, familial, matériel ou en accomplissant ce qui plait et qui correspond à une ambition personnelle. Cependant, même si ces aspects sont importants, l’essentiel est plutôt de réussir sa vie. Cela consiste à entrer dans le plan de Dieu et à y persévérer. Ainsi, un disciple de Jésus peut rencontrer des échecs au niveau humain. Il peut ne pas être particulièrement brillant dans certains domaines de son existence. Mais ce qui restera dans le ciel concernera sa foi, son attachement à Jésus, sa consécration spirituelle, son obéissance. 2 Cor 5 : 10; Eph 6 : 8.

Hélas, il arrive à des individus d’avoir un magnifique feuillage comme notre lilas mais pas de fleurs. Le feuillage représente l’aspect extérieur de la personne. On peut avoir un beau physique, une belle prestance, énormément d’aisance dans l’élocution, du charme mais sans avoir un cœur riche des sentiments de Jésus. Phil 2:5. Il est possible d’impressionner et de subjuguer les autres, mais Dieu n’est pas dupe car Il connait tout de chacun. Jean 2 : 24-25; Act 12 : 20-23. Dans le cadre de l’Eglise, un croyant peut être compétant dans son ministère, exercer le don de prophétie, exprimer des louanges et des prières agréables à entendre, avoir le contact facile avec les autres et être animé de pensées mondaines ou avoir une attitude en secret peu recommandable. Tout cela peut n’être qu’un abondant feuillage qui masque des réalités charnelles. Le parallèle de ce développement est à effectuer avec une scène biblique qui montre Jésus prononcer une condamnation sur un figuier qui avait des feuilles mais ne portait pas de fruit. Mat 21 : 17-22.

Le lilas est destiné à produire des fleurs d’une agréable odeur et aux couleurs chatoyantes et à favoriser le butinage. De la même manière, le disciple de Jésus est né pour dégager un parfum plaisant. 2 Cor 2 : 15. Lorsqu’il marche par la foi, qu’il met en pratique les recommandations des Ecritures, qu’il est fidèle et qu’il respecte l’engagement de son baptême, alors il libère une odeur savoureuse pour son Seigneur. En même temps, quand il a un excellent témoignage vis-à-vis des incroyants et qu’il reflète le caractère de Christ, alors il sent bon ! Col 4 : 5;

1 Thes 4 : 12. Les chrétiens sont responsables de veiller à avoir un arôme exquis dans un monde qui sent de plus en plus mauvais à cause du péché.

Grâce à ses fleurs, le lilas est agréable à regarder. Grâce à son comportement, il est important que le disciple soit aussi agréable à regarder vivre. Quelle est l’appréciation de nos voisins, des collègues de travail, des proches, des membres de notre famille ? Quelle couleur dominante voient-ils en nous ? Est-ce le noir en rapport avec le péché, avec un mauvais caractère ou avec des pensées et des paroles constamment négatives ? Un disciple attaché au Seigneur et imprégné de la vie divine a un bon témoignage. Il attire les regards grâce à sa manière de vivre, de gérer les problèmes, de surmonter les obstacles, d’évoluer aux côtés de ses proches.

Comme beaucoup d’arbustes, le lilas attire des insectes volants pour le butinage. Il participe ainsi au processus de la vie. De la même manière, l’enfant de Dieu dépositaire de la vie éternelle est destiné à la transmettre. Un des principes fondamentaux du Créateur est le suivant : la vie reçue doit être donnée. Elle n’est pas appelée à être conservée sans être partagée. Les humains naissent et sont ensuite impliqués dans la reproduction. Au niveau spirituel, c’est identique. L’individu touché par la grâce divine reçoit par la foi le salut offert par le Seigneur. Eph 2 : 8-9. Puis, il s’implique dans l’œuvre de Dieu et participe à la croissance du royaume céleste. Son objectif est de permettre à d’autres personnes d’entrer à leur tour dans la vie éternelle. Il prie en leur faveur et témoigne de son engagement aux côtés de Jésus. Act 1 : 8. Une des particularités d’une église en bonne santé est sa capacité à enfanter des nouveau-nés spirituels. Cela résulte de la vision de ses membres de saisir les occasions de témoignage pour interpeller les gens au sujet du Créateur.

Pour revenir à mon lilas, j’ai eu la joie de le voir fleurir ce printemps pour la première fois. Il était donc important de patienter et de continuer de le nourrir durant ces dernières années. C’est la leçon de la parabole du figuier. Luc 13 : 6-9. Le vigneron a plaidé auprès du propriétaire afin d’épargner à l’arbre d’être coupé. Jésus patiente et intercède en faveur de ceux qui ne portent pas encore le fruit attendu et espéré. L’Eglise est invitée à manifester les qualités du Seigneur et à croire à l’évolution positive et favorable de chacun. Philémon 10-11.

2) LE PECHER. Lecture Jérémie 17 : 8.

Notre jardin est agrémenté par la présence d’un pécher. Il produit tous les ans de succulents brugnons. Il s’est développé tout à fait normalement. Mais l’été dernier, l’intervention d’une pelleteuse pour creuser une tranchée lui a coupé des racines. Pendant l’automne et l’hiver, son aspect semblait normal. Il ne présentait pas de signe démontrant un problème particulier. Plus tard, l’arrivée du printemps a mis en évidence la mauvaise santé de l’arbre. Plusieurs de ses branches étaient mortes et ne porteraient donc pas de fruits. Une seule a survécu et a présenté des fleurs puis des brugnons en développement actuellement. En fait, nous avons découvert son état réel bien après les travaux ayant nécessité le passage de l’engin. Il a été profondément affecté par le sectionnement des racines.

On remarque grâce à cette séquence bucolique que beaucoup d’humains fonctionnent de façon identique. Ils sont en effet broyés et meurtris par des événements tragiques. Mais ils ne le montrent pas. Extérieurement, ils présentent peu ou pas d’indice révélant la souffrance. On voit peu ou pas d’élément permettant de comprendre ce qui se passe vraiment à l’intérieur. Pourtant, des racines ont été coupées, le cœur est plongé dans une grande détresse. Il existe un décalage entre l’apparence extérieure et la réalité intérieure.

Bien évidemment, lorsque le cœur est accablé par la souffrance, il est bienséant et sage d’éviter d’exposer sa vie à tout le monde. La pudeur et la retenue sont normales, même à une époque où des émissions de télévision connaissent un réel succès grâce à des confessions intimes de personnes qui n’ont pas honte de dévoiler leur vie privée à des millions de gens !

Néanmoins, le réflexe opposé consistant à tout garder pour soi et à tout intérioriser est néfaste. Il peut conduire à un malaise intérieur intense et déclenche parfois des maladies. En effet, le Créateur a prévu que Sa créature évacue sa douleur profonde. Il s’agit donc de mettre des mots sur les maux, de se confier à des gens fiables et dignes de confiance capables d’entendre des confessions, de libérer et de soulager l’âme en s’exprimant. Un chrétien sait que l’oreille de son Seigneur est attentive à ses cris. La prière est un moyen pour lui d’exposer ses souffrances et de les déposer aux pieds de la croix. Il peut vider son cœur devant Celui qui le comprend et prend soin de lui. 1 Sam 1 : 15; Ps 34 : 5-7; 62 : 9; Lam 2 : 19.

Grâce à ses racines, l’arbre puise dans les profondeurs du sol l’eau et les éléments nutritifs indispensables. Sans elles, c’est la mort assurée. Cela se produit également dans l’existence des gens. Des événements douloureux interviennent et sectionnent leurs racines. Ces-dernières représentent les attaches qui lient l’individu à des personnes et à des activités. Elles sont incontournables pour son épanouissement et sa bonne santé. Parfois, le lien affectif est sectionné au travers d’une séparation, d’un conflit. Dans d’autres cas, c’est le lien au monde du travail qui est coupé avec un licenciement ou la retraite, ou le lien géographique avec un déménagement contraint, ou le lien avec une activité, une occupation source de bonheur.

Les chrétiens sont en plus exposés au sectionnement des liens qui les attachent au Seigneur. A cause de certaines situations périlleuses et douloureuses, la relation avec Jésus au travers de la prière et de la méditation biblique risque d’être coupée. Parfois surgissent des difficultés avec un ou plusieurs membres de l’église. Les racines qui assurent les relations fraternelles sont alors rompues. Le croyant est affaibli dans sa santé spirituelle. Une partie de son être est morte.

Pour revenir au pécher, 2 solutions se sont présentées : l’abattre ou le maintenir en vie. La première option découle de l’idée selon laquelle il est inutile de conserver un arbre fruitier dont toutes les branches sont mortes exceptées une seule. La seconde est motivée par la volonté de permettre à l’arbre de se refaire une santé avec le temps en appréciant néanmoins les quelques fruits portés. Les branches sèches seront taillées et laisseront peut-être la place à l’avenir à de jeunes pousses. Concernant les personnes, il est intéressant de découvrir la vision du Seigneur.

Le chrétien est destiné à développer le fruit de l’Esprit grâce à sa communion avec Jésus. Gal 5 : 22; Eph 5:9. Après avoir été sérieusement amputé d’une partie de ses forces vives, il peut être mis en difficulté au niveau de sa foi. Le doute, l’incrédulité, le relâchement, l’amertume, son mauvais caractère se manifestent. Peu de bon fruit est porté. Mais le Seigneur sait patienter et accorde du temps au disciple pour retrouver une certaine vitalité spirituelle.

De plus, Il est le Dieu de la vie. Son désir est que la vie triomphe de la mort. Au travers de Sa résurrection, Il a prouvé la puissance et la suprématie de la vie divine sur la mort. La verge d’Aaron était un bâton sec. Dieu a miraculeusement permis l’apparition de boutons, de fleurs et d’amandes. Nomb 17 : 1-9. Ezéchiel a vu une vallée remplie d’ossements. Quelques instants après le déploiement de la puissance divine, une foule nombreuse et vivante se tenait à leur place. Ezé 37 : 1-14.

Si nous avons une ou plusieurs branches, c’est-à-dire une ou plusieurs parties en nous qui sont comme mortes, Il est capable d’opérer une résurrection. Ainsi, Il peut susciter un renouveau pour la prière, la lecture biblique, l’exercice d’un ministère, l’enthousiasme pour la vie l’église. Il peut permettre un renouvellement de foi et de volonté, d’espoir, de désir, de sentiments. Au fond de la vallée du doute et du désespoir, Jérémie a été visité . Des propos positifs ont succédé à des paroles négatives. Lam 3 : 19-26. Elie s’est enfui au désert abattu et profondément découragé. Le Seigneur l’a secouru et lui a donné les moyens de poursuivre sa route et son ministère. 1 Rois 19 : 1-21. Jésus était d’une extrême faiblesse à Gethsémané. Les caractéristiques d’une rupture d’anévrisme sont décrits. Luc 22 : 44. Mais le Père a visité Son Fils pour qu’Il accomplisse Sa mission. Le disciple est appelé par la foi à être certain d’être renouvelé dans la vie divine jusqu’à ce que sa mission terrestre soit achevée.

Philippe LANDREVIE