Lecture 2 Timothée 2 : 3-4.

1) ETRE ATTENTIF AUX AUTRES.

Parmi les qualités demandées aux militaires de notre pays figure la nécessité d’être attentif aux autres. Cette vertu s’applique également aux disciples de Jésus qui sont invités à la manifester en faveur des autres chrétiens et des incroyants.

Un jour, Dieu a posé une question à un homme : “Où est ton frère Abel ?” Gen 4 : 9. Quand on est intégré dans une église, on réalise que le Seigneur a le droit de s’adresser de la sorte à chaque membre. Il considère en effet que nous sommes responsables d’être attentifs aux autres. Dieu peut demander à un chrétien : “As-tu remarqué l’absence de ton frère ? T’es-tu inquiété de sa santé, de son moral, de sa foi ? T’es-tu manifesté pour prendre des nouvelles de la sœur absente depuis plusieurs semaines ?”

Caïn a répondu à Dieu : “Je ne sais pas”. Or, ce criminel a menti et dans son contexte, il devait savoir où était son frère. Bien évidemment, il n’est pas possible de suivre tous les membres ni de téléphoner ou de visiter tout le monde. Chacun a ses activités personnelles, ses contraintes et ses obligations, ses engagements et son emploi du temps souvent bien chargé. De plus, personne n’a des affinités avec tout le monde. Néanmoins, il est essentiel que l’on sache si notre frère et notre sœur se trouvent en souffrance. En effet, si le Saint-Esprit attire notre attention sur plusieurs personnes et si à chaque fois on répond : “Je ne sais pas ce qu’il devient” ou “J’ignore pourquoi elle est absente depuis longtemps“, alors il est urgent de se placer devant le Seigneur afin d’effectuer des progrès pour manifester davantage d’attention et de délicatesse fraternelles. Si chacun est réellement attentif aux autres, alors on peut considérer que n’importe quel membre de l’assemblée en grande difficulté ou absent depuis un moment va recevoir plusieurs appels téléphoniques, mails ou visites prouvant la sollicitude et l’amour communautaires.

Cette réflexion conduit à se poser les questions suivantes : “Ai-je remarqué les absences et les souffrances de certains membres de l’église et des personnes qui fréquentent l’assemblée ? Mon dernier mail, mon dernier coup de fil, ma dernière visite, mon dernier partage après une réunion pour encourager un frère ou une sœur remonte à quelle époque ? Suis-je excessivement préoccupé par mes affaires personnelles au point de ne pas être suffisamment attentif aux autres ?”

Caïn a voulu se justifier devant le Seigneur : “Suis-je le gardien de mon frère ?” Aujourd’hui, on dirait : “Suis-je le pasteur pour m’occuper des autres ? Après tout, il y en a un dont c’est la fonction !” “J’ai suffisamment à m’occuper avec mes problèmes personnels, je ne suis pas en mesure de porter ceux des autres.” “Chacun est responsable de sa foi et de son engagement spirituel”. “Je n’ai pas le temps, je suis débordé, j’ai tellement de choses à gérer”.

Même si les réponses ne sont pas explicitement formulées dans le texte, il est évident que pour Caïn c’était : “Non, je ne suis pas le gardien de mon frère” alors que pour Dieu c’était : “Oui, tu es dans une certaine mesure le gardien de ton frère“. Si un croyant ressent au fond de son cœur que sa réponse personnelle se rapproche de celle de Caïn, il est alors nécessaire de revoir cette position.

Il convient de considérer que des obstacles peuvent s’ériger et empêcher un disciple d’être totalement disponible pour être attentif aux autres. Dans certaines circonstances de la vie, on n’est pas en mesure de visiter, de téléphoner, de prendre régulièrement des nouvelles. On ne peut donner que ce que l’on a. Act 3 : 6. Certains ont besoin de consolation, de restauration, de guérison intérieure. D’autres sont sujets à la déprime et à la dépression et sont donc limités dans leurs capacités à prendre soin des autres. Dieu comprend et accepte ces réalités. Cependant, il s’agit d’éviter de tomber dans le piège qui consiste à toujours attendre de recevoir du Seigneur et des autres sans rien donner en retour. Si l’attention est uniquement fixée et focalisée sur les problèmes et les douleurs personnels, on devient nombriliste et excessivement replié sur soi-même. On entre alors dans un raisonnement trompeur qui éloigne de la pensée biblique : “Je serai attentif aux autres quand je serai totalement dégagé de tous mes problèmes et entièrement restauré“. Cette bonne résolution risque de ne jamais se réaliser car attendre les conditions idéales pour agir conduit à patienter toute sa vie ! Eccl 11 : 4.

De plus, il ne s’agit pas dans ce partage de s’engager dans une relation d’aide profonde et prolongée nécessitant un investissement et un accompagnement de plusieurs heures par mois, ce que beaucoup n’ont pas les capacités d’assurer. Il s’agit tout simplement d’être un minimum attentif et disponible pour les autres. Tous les disciples sans exception sont en mesure d’appliquer cette réalité à leur vie chrétienne, chacun selon ses facultés et ses ressources.

Les Ecritures montrent qu’il est possible d’être un bon soldat de Jésus-Christ attentif aux autres même au milieu des souffrances. Paul a écrit plusieurs lettres édifiantes et stimulantes pour la foi en étant en prison : les épîtres aux Ephésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, à Philémon. Elles sont la preuve évidente qu’un chrétien dans la difficulté et la douleur peut être sensible aux autres et un instrument de bénédiction. De plus, la dimension spirituelle revient à considérer que ces missives ont été inspirées par l’Esprit. De la même manière, un disciple dans une situation personnelle délicate qui a vraiment à cœur les membres de son assemblée et les incroyants peut être conduit par le Saint-Esprit à accomplir une œuvre divine. Même en souffrance, il est alors rendu capable de secourir, de soutenir, de consoler, d’encourager et de bénir parce que le Seigneur l’utilise avec ses faiblesses et ses limites. 1 Cor 4 : 12; 2 Cor 12 : 9-10.

Il est essentiel pour l’assemblée de considérer la nécessité de faire des progrès pour être attentif aux autres car nous partons du principe que Dieu bénira l’église dans le nouveau local. Par la foi, nous nous attendons à recevoir à l’avenir des nouvelles personnes en recherche spirituelle, en quête de pardon divin, de paix, de secours. Mais le Seigneur enverra ces gens seulement dans la mesure où la communauté sera suffisamment sensible, attentionnée et soucieuse en faveur des incroyants. Autrement dit, il est inutile de prier pour que le Saint-Esprit remplisse le futur lieu de culte si l’église montre des défaillances flagrantes dans le domaine de l’attention manifestée en faveur des autres. Par contre, il est cohérent de penser déjà aux bénédictions divines rue Thomas Portau dans la mesure où on a la vision d’être un soldat attentif pour prendre soin du prochain.

2) ETRE DETERMINE A SURMONTER LES DIFFICULTES.

Une église rencontre toujours à différents degrés des difficultés. Actuellement, l’assemblée est particulièrement affectée par plusieurs situations de maladies graves. Ces épreuves sont certainement à rapprocher avec l’opposition rencontrée à l’époque de l’acquisition du futur lieu de culte. Quand une église a un grand projet, de grandes difficultés peuvent s’abattre. L’ennemi utilise de grands moyens pour décourager, pour déstabiliser, pour conduire les chrétiens à baisser les bras, à se refroidir au niveau de la foi, à se relâcher car il se doute que le Seigneur a de grandes perspectives de bénédiction.

Devant la mer Rouge, les hébreux ont eu le sentiment d’avoir été acculés dans une voie sans issue. Mais Dieu les a délivrés en ouvrant miraculeusement les eaux devant eux. Ex 14 : 1-31. A Ephèse, Paul et ses compagnons ont rencontré une farouche opposition à leur ministère. Le Seigneur les a bénis malgré tout et un grand réveil s’est produit dans la région. Act 19 : 1-12. Hérode a voulu plaire aux chefs religieux et a emprisonné Pierre. Ces-derniers étaient certainement satisfaits et espéraient alors freiner voir stopper l’annonce de l’Evangile. Mais un ange a délivré l’apôtre et l’œuvre de Dieu s’est poursuivie. Act 12 : 1-10. Ainsi, ces exemples comme tant d’autres montrent que le Seigneur ne se laisse pas impressionner par les obstacles. Il est déterminé à favoriser la croissance de Son royaume. Il désire avoir à Son service des soldats animés de la même volonté qui sont motivés pour surmonter les difficultés et avancer avec foi.

Paul a été lapidé à Lystre. Il est passé tout près de la mort. Affaibli et désemparé, il aurait pu abandonner son ministère et se ménager une fin de vie plus tranquille. Au lieu de cela, il a bénéficié de la présence bénie des chrétiens et a poursuivi son ministère malgré les risques encourus. Act 14 : 19-22. Les chefs religieux ont voulu impressionner les apôtres afin de les décourager de poursuivre leur missions d’évangélisation. Il les ont arrêtés, soumis à un interrogatoire au cours duquel ils les ont fouettés. Mais il en fallait davantage pour intimider ces soldats de Jésus-Christ. Dès l’instant où ils ont été relâchés, ils ont continué à servir le Seigneur. Act 5 : 17-42.

Dieu se réjouit quand des disciples ne se laissent pas effrayer par les circonstances négatives et difficiles. Il est certainement fier lorsque Ses enfants refusent d’être impressionnés par l’adversité, refusent d’abandonner leur investissement dans le plan de Dieu. C’est pourquoi la motivation dans la prière et le jeûne, la persévérance dans la foi et la volonté de surmonter les difficultés doivent animer le peuple du Seigneur.

3) ŒUVRER POUR LE DYNAMISME DE L’EGLISE.

La nature humaine est encline aux plaintes, aux gémissements, à l’insatisfaction chronique. De plus, le français est connu pour être râleur ! L’individu possède des penchants pour sombrer dans la résignation, dans le manque de persévérance et de régularité, dans la somnolence spirituelle, dans le défaut de courage. Beaucoup se laissent piéger par des sentiments et des raisonnements négatifs qui étouffent leur foi et la paralysent. Quand on désire attirer l’attention de certains sur les aspects positifs d’une situation, ils sortent leur argument préféré, le “oui, mais” !

Dans cette catégorie de spécialistes on trouve les 10 espions qui ont exploré Canaan pour ensuite effectuer un rapport de leur mission. Leur mentalité défaitiste a découragé tout le peuple d’avancer. Nomb 13 : 17-33; 14 : 1-4. Pourtant, le Seigneur S’était engagé à leur garantir la victoire et la réussite dans leurs entreprises. Ex 6 : 6-8.

Josué et Caleb ont été de vaillants soldats  qui ont œuvré en faveur du dynamisme. Il est précieux pour l’Eglise d’avoir en Son sein des disciples remplis de zèle, de ferveur, de motivation pour le Seigneur. Ps 69 : 10. Ces chrétiens motivent les autres et les stimulent à avancer, à grandir dans la foi, à développer leur amour pour Jésus et leur attachement à Sa Parole. Barnabas était connu pour exhorter les croyants par de nombreux encouragements. Act 11 : 23; 13 : 43. Etre un soldat œuvrant en faveur du dynamisme de l’assemblée consiste aussi à favoriser la joie, la bonne humeur, la paix, un climat serein et fraternel. A l’armée, on insiste souvent sur le moral des troupes. Grâce à des Barnabas, le moral des soldats du Seigneur est tiré vers le haut.

Philippe LANDREVIE