– Extrait du document reçu dans la perspective du vote du 29 mai 2005 à l’occasion du référendum concernant la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe : « …L’Europe doit aujourd’hui répondre à de nouvelles attentes : plus de liberté et de sécurité, plus de croissance et de solidarité, une présence plus forte dans le monde, la protection de l’environnement, la défense de notre identité, le respect de la diversité culturelle…« 
– Dieu désire permettre à chacun de s’épanouir dans son identité profonde et conduire l’Eglise à réaliser la richesse due à la diversité de ses membres.

1) LA DEFENSE DE L’IDENTITE. Gen 32 : 28.

– L’être humain a été créé à l’image de Dieu, c’est-à-dire pur, saint, sans péché. Dans le jardin d’Eden, l’homme et la femme jouissaient d’une parfaite communion avec leur Créateur qui les instruisait et les enseignait. Adam et Eve auraient été capables, après un certain temps d’éducation, de connaître le bien et le mal selon Dieu. Malheureusement, ils ont désobéi en court-circuitant le plan idéal du Créateur et ont été bannis du paradis terrestre. Gen 3.
– A cause de la chute du premier couple, le péché s’est étendu à l’ensemble de l’humanité et touche la nature profonde de chaque individu. Il entraîne des conséquences dramatiques visibles (conflits, rejets, racisme, indifférence, mensonges, vols, viols, crimes…) mais aussi des perturbations moins apparentes car intérieures à la personne (mal être, craintes, phobies, angoisses, dépressions, souffrances profondes…)
– Face aux injustices et aux épreuves de la vie, l’homme développe des mécanismes de défenses pour se protéger : enfouissement des douleurs, isolement, distance dans les relations, agressivité, domination. Certains se réfugient dans une sorte de « moi idéal » pour fuir ce que leur « moi » altéré et souillé par le péché (dont ils sont victimes ou responsables) manifeste, pense, dit. Ces personnes refusent ce qu’elles sont, se dévalorisent, ont une mauvaise image d’elles-même, se dénigrent. Elles n’aperçoivent pas leurs qualités, leurs richesses, leurs ressources. Juges 6 : 15. Elles se rejettent et parfois se méprisent et se haïssent. A côté de ces réalités, beaucoup ne savent pas vraiment qui ils sont et se cherchent. Ex 3 : 11.
– L’œuvre de Jésus est puissante, complète, suffisante pour le pardon des péchés :
1 Jean 1 : 9, pour la délivrance de la force du péché : Jean 8 : 36; Rom 8 : 2, pour la guérison des maladies : Es 53 : 5; 1 Pi 2 : 24, pour la libération des actions ténébreuses : Col 2 : 15. Elle se réalise également au travers de la restauration de la personnalité de chacun, du rétablissement de l’identité et de la dignité.
– Ainsi, en parcourant les pages des évangiles, on découvre Jésus accueillir et accorder de l’importance et de la valeur à des gens dénigrés ou considérés comme des citoyens de seconde zone, comme les enfants : Mat 19 : 13 : 15, les femmes : Jean 4, les lépreux : Marc 1 : 40-42, les publicains Luc 19 : 1-10, les personnes à la vie dissolue : Luc 7 : 36-48. En leur témoignant Son amour, le Seigneur leur a démontré la réalité de leur valeur. Le point culminant de cet amour s’est situé à la croix où le Fils de Dieu s’est donné pour l’humanité. Jean 3 : 16.
– La société actuelle fonctionne avec les mêmes principes qu’à l’époque du Christ. Ainsi, des paroles et des attitudes enferment des multitudes dans des prisons intérieures et cassent des vies : rejet et dénigrement dans la famille, racisme dans le monde professionnel, atteintes à la dignité humaine dans le circuit scolaire…
– Le remède à ces fléaux n’a pas changé et demeure toujours aussi efficace : c’est l’amour de Dieu manifesté en Jésus. Rom 8 : 5. Lorsqu’il est reçu pour remplir l’être entier, il agit par l’assistance du Saint-Esprit pour resituer chacun à sa juste place, à savoir celle d’un pécheur considéré et aimé qui a la possibilité d’être sauvé et restauré par grâce.
– Il s’agit d’être libéré de la mauvaise image de soi et des fardeaux intérieurs qu’elle engendre afin de s’épanouir au travers d’une identité rétablie. Pour cela, il convient d’entrer dans un processus de déprogrammation des fausses pensées erronées qui ont été acceptées et assimilées du style : « je suis nul, je ne vaux rien, je suis condamné à échouer, je n’arriverai jamais à quelque chose, on ne me fera jamais confiance, ma situation sera toujours bloquée, je n’ai aucune chance d’y parvenir…« 
– Parallèlement, il est indispensable de se laisser reprogrammer afin de recevoir, intérioriser et être imprégné des Paroles de Dieu. Cela revient à abandonner les sentiments et les perceptions négatives de soi pour croire par la foi ce que le Seigneur affirme dans les Ecritures concernant chacun.
– Ainsi, la bible atteste avec force que chaque individu est précieux, la démonstration lumineuse ayant été apportée à la croix où Jésus s’est sacrifié pour chacun. Es 43 : 4; 49 : 15-16;
Jér 31 : 3; Jean 32 : 16; Rom 5 : 8. Le prix du rachat de notre âme donne une indication précise concernant notre valeur aux yeux du Seigneur. Ps 49 : 8-9;1 Cor 6 : 20; 1 Pi 1 : 18-19. Jésus libère de la vraie culpabilité du péché commis et dont on est responsable mais aussi de la fausse culpabilité et de la honte lorsqu’on est victime (cas de divorce, viol, abandon…) Rom 8 : 1; 1 Jean 3 : 20. Le Saint-Esprit affranchit de la pensée d’inutilité et d’incompétence car les Ecritures affirment la réalité des talents des croyants accordés par la grâce divine. Jug 6 : 14; Es 26 : 12; Mat 25 : 14-30;
1 Cor 12; 2 Cor 3 : 5. La foi permet de saisir le fait que personne n’est réduit à une entité chimique arrivée par hasard ou par accident sur la terre, mais que chacun a un rôle important à jouer. Ceci commence par rencontrer le Créateur pour être sauvé et ensuite marcher selon les conseils divins pour développer une étroite communion avec le Seigneur et accomplir les œuvres qu’Il a prévues pour Ses disciples. Michée 6 : 8; Marc 3 : 14-15; Jean 17 : 20-23, Eph 2 : 8-10.

2) LE RESPECT DES DIVERSITES. 1 Cor 12 : 18-25.

– La Constitution évoque la nécessité du respect des diversités culturelles, la bible élargit la pensée en appuyant l’importance dans l’Eglise de l’acceptation et de la considération des différences de culture mais aussi de tempérament, de savoir-faire, de sensibilité, de dons, de ministères. La volonté de Dieu ne réside pas dans l’uniformité mais dans la diversité vécue dans un esprit d’unité. Une des richesses du corps de Christ est constituée par la grande variété des membres. Ainsi, la mise en commun de tous les potentiels dans la complémentarité favorise la croissance de l’Eglise car elle attire les inconvertis et édifie les chrétiens. Act 4 : 32-35; 5 : 12; Eph 4 : 11-15.
– A l’occasion de la reconstruction de la muraille de Jérusalem à l’époque de Néhémie, le succès de l’œuvre a été garanti par le travail successif de nombreux volontaires associés dans des tâches variées. Dans Néh 3, on dénote à 31 reprises les expressions « à côté de lui, d’eux, après lui, après eux » Philippe a prêché l’évangile en Samarie où une foule nombreuse s’est convertie. Ensuite, il a laissé la place aux apôtres qui sont venus prier pour le baptême du Saint-Esprit. Act 8 : 5-17. Les actions de ces serviteurs se sont complétées pour consolider l’œuvre de Dieu. Lorsque les diacres ont été établis dans leurs fonctions, ils ont dégagé les apôtres de la gestion administrative de l’Eglise, ces-derniers s’impliquant dans le ministère de la Parole. Act 6 : 1-4. Paul a été appelé à proclamer l’évangile aux non-juifs, alors que Pierre a été envoyé vers ses compatriotes. Gal 2 : 7-8.
– Ces passages reflètent la diversité des appels, des dons, des ministères, des possibilités d’expressions, des directions. Chaque disciple est invité à découvrir ses propres facultés (humaines et spirituelles) et les domaines où il peut s’investir dans son assemblée. Il est appelé aussi à ne pas envier les talents des autres mais à se réjouir de ses capacités pour les exprimer et contribuer ainsi à la construction de l’Eglise. Il doit apprendre également à respecter les compétences des frères et sœurs et leurs façons de faire qui ne rentrent pas obligatoirement dans ses conceptions personnelles. Dans ce cadre, un chrétien spirituel et mûr sait faire la différence entre ses propres points de vues, ses appréciations et les principes bibliques qui sont universels et s’appliquent à tous. Il s’agit donc d’accepter les différents modes d’actions dans l’assemblée dès l’instant où il n’y a pas d’opposition avec la Parole (style de musique, expressions artistiques, méthodes d’enseignement des enfants, activités de jeunesse…)
– Tous les disciples ne sont donc pas appelés à remplir les mêmes fonctions. Le Seigneur permet et souhaite cette diversité pour davantage d’efficacité. Par exemple, l’équipe d’évangélisation est constituée de croyants présents dans la rue pendant que d’autres sont investis dans la prière. Certains sont doués pour amener les âmes à Christ, d’autres sont performants dans l’accompagnement. Concernant l’exercice des dons spirituels, certains développent surtout celui de prophétie, d’autres la parole de connaissance. Parfois, on peut remarquer la réalité d’un message dominant chez ceux qui expriment la prophétie : encouragement, réprimande, consolation comme il existe une sensibilité dominante chez les prédicateurs : évangéliste, pasteur, docteur.
– Le tout doit se développer avec un état d’esprit favorisant le respect et l’appréciation des différences qui sont complémentaires pour la gloire de Dieu.

Philippe Landrevie