Lecture : Eccl 3 : 1-8.

1) LA VOLONTE DE DIEU.

– L’homme pêcheur est invité à rencontrer le Créateur afin de se réconcilier avec Lui. En effet, la volonté suprême du Seigneur est de développer avec Ses créatures une relation vivante basée sur l’amour, la communion, le respect. L’œuvre parfaite de la croix a pour but de restaurer l’être humain et de l’amener à placer Dieu au centre de tout.
– La volonté de ce-dernier est communiquée pour l’humanité entière, pour une nation (nombreux exemples d’Israël dans les Ecritures), pour une ville : Jonas 3 : 10; 4 : 11; pour une église: Apo : 2; 3; pour un groupe : Act 1 : 1-5; à une personne : Jean 21 : 18; Act 9 : 6; 15.
– Citation de Charles Eugène de Foucauld (1858-1916) : « Dieu nous demande une déclaration d’amour avec preuve. On ne choisit pas sa vocation, on la reçoit et on doit chercher à la connaître, prêter l’oreille à la voix de Dieu, guetter les signes de Sa volonté. Une foi la volonté de Dieu connue, la paix coule, coule…« 
– Chaque chrétien ayant à cœur de se diriger selon les conseils d’en haut a besoin de réaliser la dissociation entre les éléments suivant : la volonté divine d’une part et l’heure de Dieu pour Sa réalisation d’autre part. En effet, il est essentiel de considérer que les plans du Créateur ne s’accomplissent pas instantanément mais qu’ils suivent une logique de mise en place de plusieurs paramètres comme les pièces d’un puzzle sont assemblées au fur et à mesure.
– De la même façon, un artiste peintre élabore sa toile par petites touches et traite chaque aspect progressivement. On peut admirer le chef d’œuvre une fois toutes les parties de la toile achevées. Le joaillier cisèle, façonne et travaille la pierre précieuse en considérant toutes ses facettes et en les traitant séparément. Ainsi, selon ces images, le Seigneur travaille comme un artiste dans la vie d’un chrétien, d’une église, d’un pays dans le but d’accomplir une œuvre parfaite et glorieuse. Seulement, Il prend le temps d’aborder chaque compartiment. C’est pourquoi il existe une différence entre la volonté divine et son accomplissement dans le temps. Une bonne compréhension de cette réalité évite d’être vaincu par le découragement et permet de demeurer dans la confiance et la sérénité.

2) L’HEURE DE DIEU.

a) Moïse.

– Moïse a compris quelle était sa vocation extraordinaire : conduire le peuple Hébreu hors de la terre d’Egypte. Son problème a été de chercher à accomplir la mission divine avec des moyens humains, ce qui a entraîné une catastrophe. Ex 2 : 11-15; Act 7 : 23-25. Il du séjourner dans le désert pendant 40 années durant lesquelles il fut dépouillé de sa confiance dans sa sagesse et sa science acquises à la cour de Pharaon. Il apprit l’humilité et réalisa qu’il ne pouvait pas compter sur ses propres forces pour réaliser les desseins du Seigneur. Il était invité à ne plus diriger sa vie et celle des autres mais à comprendre qu’il était destiné à devenir un canal souple et docile entre les mains du Maître pour devenir une bénédiction pour son peuple.
– Devenu extrêmement patient, il fut rendu capable de marcher à la tête des hébreux malgré leur état d’esprit de rebelles, de contestataires, de contredisants, d’insatisfaits permanents. Il fut un élément clef pour la sortie de l’esclavage en Egypte jusqu’aux portes de Canaan.
– Ayant été exposé à ses limites, à ses faiblesses et à ses défauts, il a supporté ceux des autres car il avait conscience de sa propre humanité. Il comprit également que les méthodes charnelles sont totalement inappropriées pour construire l’œuvre de Dieu. Moïse a du renoncer à sa vie et à ses acquis pour être enseigné et assimiler les façons d’agir du Seigneur.

b) Joseph.

– Joseph a reçu des promesses extraordinaires pour sa vie, mais celles-ci se sont réalisées bien plus tard, c’est-à-dire à peu près 30 ans. Gen 37 : 1-11. Pendant ce temps, Dieu a permis des épreuves, des situations dramatiques et douloureuses au travers desquelles le caractère de Joseph a été formé. Il a appris l’humilité, la patience, l’adaptation dans un contexte hostile (en Egypte, le jeune homme a connu des difficultés liées aux barrières de la langue, au déracinement de sa terre et à la séparation de sa famille; il a été plongé dans les mœurs et coutumes d’une nation païenne et idolâtre ne partageant pas sa foi).
– Il a acquis la persévérance, la dépendance du Seigneur, la gestion des injustices car il s’est retrouvé en prison et a été oublié, la soumission au travers de sa position d’esclave, la consolation, la nécessité du pardon envers ses frères, la loyauté et la fidélité vis à vis de Dieu. Gen 39-48.
– Toutes ces qualités forgées par les circonstances ont fait de Joseph un chef remarquable et un instrument de bénédiction pour les égyptiens et pour le peuple hébreu.

c) David.

– David a été choisi pour succéder à Saül comme conducteur du peuple. Il reçu l’onction pour être le roi de toutes les tribus d’Israël. 1 Sam 16 : 13. Cela s’est réalisé une quinzaine d’années après. 2 Sam 5 : 1-3. Avant de parvenir à cette position élevée, David a accepté l’humiliation par le moyen de Saül, le rejet, l’incompréhension, le mépris, la solitude, les injustices. Il a supporté la jalousie, les ressentiments et la violence de son souverain sans jamais se venger ni rendre le mal.
– Il a laissé ainsi se développer en lui le caractère de Dieu. 1 Cor 4 : 11-12; 2 Tim 2 : 3;
1 Pi 2 : 18-23. Il a appris à s’appuyer sur la grâce et le secours de son Seigneur en renonçant à régler les problèmes par lui-même.
– Ainsi, l’opposition humaine manifestée par le moyen de Saül a été utilisée par Dieu pour transformer Son serviteur. Les desseins divins se sont accomplis après toutes ces années d’apprentissage et de formation de la personne divine dans le cœur de David.

d) Le facteur temps.

– Ces 3 exemples révèlent les réalités suivantes : Moïse, Joseph et David n’étaient absolument pas aptes à satisfaire les exigences du Seigneur ni capables de réussir dans leur vocation au début de leur appel. Ce sont des hommes changés, transformés, renouvelés qui ont pu être efficaces dans leurs œuvres.
– De la même façon, les apôtres bouleversant Jérusalem par leurs enseignements et leur mode de vie étaient différents des hommes qui ont suivi Jésus pendant Son ministère terrestre. Il a fallu au Seigneur 3 ans et demi d’instructions, d’exhortations, de corrections, de rectifications puis la nouvelle naissance et le baptême du Saint-Esprit pour qu’ils soient rendus compétents et utiles.
– La bible montre que Dieu s’investit dans des hommes et des femmes avec lesquels Il prend le temps afin de les changer, de les qualifier et de les équiper pour qu’ils parviennent à la ressemblance de Jésus et qu’ils accomplissent les œuvres prévues. Luc 6 : 40; Eph 2 : 10; 4 : 13; Phil 1 : 6; Tite 3 : 8.
– Il est donc indispensable de considérer et d’accepter le facteur temps. Ceci contrarie généralement le croyant qui est par nature impatient et pressé. L’état d’esprit développé dans la société est le « tout de suite sans attendre« . Les contraintes liées à la nécessité d’attendre, de patienter, de différer, de repousser sont gommées et refusées. Le disciple de Jésus, vivant à contre courant de cette mentalité, a besoin de s’en démarquer et de s’en défaire pour épouser les méthodes du Créateur. Paul souligne la nécessité de ne pas se conformer au mode de vie environnant mais il préconise de choisir de se laisser transformer par le Saint-Esprit afin de comprendre la volonté divine et de s’y soumettre. Rom 12 : 2.
– En recevant et en acceptant cet éclairage biblique, le chrétien évolue paisiblement en sachant que Dieu utilise les circonstances de son existence en vue de l’accomplissement de Son but chez Son enfant. Rom 8 : 28.

e) La lenteur des hommes.

– Un autre aspect à retenir est le suivant : le temps semble long parfois, non pas parce que le Seigneur est lent à mettre en place les différents éléments, mais parce que l’homme tarde à être efficace.
1 Sam 7 : 1-14 : Dans le contexte de l’époque, la génération de Samuel a mis 20 ans avant de se remettre en question, de se repentir et de revenir de tout cœur à Dieu. Pendant cette période, le peuple était languissant et dans la détresse à cause de l’oppression des Philistins. Le salut de la nation et sa restauration ont commencé par un retour à l’Eternel qui a béni abondamment.
1 Sam 7 : 10-14. Le résultat est remarquable, mais le peuple a malheureusement perdu beaucoup de temps en n’agissant pas selon les voies de Dieu.
– Ainsi, des croyants se réfugient derrière des formules pseudo-spirituelles du style : « Quand le Seigneur voudra, Il interviendra« , alors que Dieu attend des prises de position et des changements de pensées et d’attitudes immédiats chez Ses enfants. Des situations n’évoluent pas ou peu, voir se dégradent, non pas parce que Jésus traîne en longueur avant d’agir, mais parce qu’Il attend que les croyants prennent leurs responsabilités. Ainsi, des déblocages se produisent suite à des choix de repentance, de demande de pardon, des décisions consistant à faire grâce et miséricorde, des abandons de péchés, de mauvaises pensées, lorsque des désirs de consécration et de don de soi sont manifestés…
– Pour conclure, il convient de préciser que le chrétien n’a pas systématiquement les réponses et les explications à toutes les situations rencontrées. Il est donc important de se réfugier dans la grâce et la présence du Bon Berger et croire qu’Il maîtrise les éléments qui nous échappent et qu’Il sait parfaitement ce qu’Il prévoit de faire. Jean 6 : 6.

Philippe Landrevie