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CVA 293 : PRENDRE SOIN DES AUTRES (3)

Lecture Act 9 : 20-30.

1) PAUL.

– En peu de temps, Paul a fait des expériences. Celles-ci ont contribué à son changement de mentalité indispensable pour évoluer avec le Seigneur. En effet, avant de rencontrer Jésus, il était accoutumé à diriger sa vie mais aussi celle des autres. Il bénéficiait de pouvoirs importants dans le contexte religieux de l’époque. Il avait une position élevée et était un homme craint. Sur le chemin de Damas, le Seigneur l’a terrassé et l’a fait déchoir de son piédestal. Lui qui savait dire aux autres ce qu’ils devaient faire s’est entendu dire de la part de Dieu qu’il avait à écouter et à suivre les injonctions et les directives qui lui seraient communiquées. Act 9 : 6.
– Paul a appris rapidement à collaborer avec des gens qui n’avaient pas toujours son niveau d’étude, son instruction, ses connaissances, ses origines enviables dans le contexte juif. Phil 3 : 4-5.
– Ainsi, l’Eglise permet à des gens de différentes origines sociales, professionnelles, culturelles de se mélanger. Un chef d’entreprise côtoie un ouvrier; un cadre a pour frère dans la foi un bénéficiaire du R.M.I. Un chrétien appartenant à la catégorie des professions libérales a pour sœur une mère au foyer. Jésus Lui-même a choisi des apôtres venant de différents horizons : Luc était médecin, Matthieu collecteur d’impôts, alors que Pierre, André, Jacques et Jean étaient de simples pécheurs. Cependant, au niveau de la communion fraternelle, les barrières de séparation doivent être abolies. Ainsi, un disciple qui jouit d’une position sociale élevée est appelé à être disponible dans l’humilité et dans l’amour pour les autres. Il doit aussi savoir qu’il a besoin de son prochain car il n’a pas le monopole des talents, des compétences, des facultés.
– Parallèlement, un chrétien de condition modeste est invité à accepter le secours et l’aide de ses frères et sœurs. Plusieurs ont des difficultés pour recevoir les bienfaits car ils se sentent indignes et considèrent ne pas mériter l’attention portée à leur égard. Ils craignent de déranger les autres et ont l’impression d’être une gêne pour la communauté. D’autres éprouvent une retenue pour s’ouvrir et accepter les mains tendues car ils ont été déçus et appréhendent ainsi de rencontrer une nouvelle désillusion. Ils sont malheureusement difficilement aidables.
– Ces bien-aimés ont besoin de croire et de réaliser qu’au milieu de leurs déficiences et de leurs problèmes figurent des richesses, des trésors, des dons qu’ils sont invités à exploiter et à mettre au service des autres. Gal 5 : 13; 1 Pi 4 : 10.
– Dans tous ces cas, il est nécessaire que des victoires soient remportées afin que les bienfaits de l’entr’aide fraternelle produisent leurs effets bénéfiques dans les cœurs et contribuent alors au développement du climat d’amour et de compassion dans l’assemblée.

2) BARNABAS.

– Barnabas signifie “Fils de la prophétie” dans le sens “qui exhorte ou qui console“. Cet homme remarquable, compagnon de service de Paul, a effectivement contribué à l’édification des églises en encourageant, exhortant, consolant les disciples. Act 13 : 43; 14 : 21-22. Auparavant, il a été un instrument de bénédiction pour permettre à Paul d’être accepté par les églises de Jérusalem et d’y exercer son ministère.
Act 9 : 10-12 : Ananias a reçu une vision divine lui indiquant d’entourer et de secourir Paul. Ainsi, il est important d’être disponible et d’avoir à cœur d’aider, de soutenir, d’encourager les autres car le Saint-Esprit peut révéler des besoins et des situations qui nécessitent un secours dans la prière ou une intervention directe (proposition d’assistance, de présence, d’écoute, de partage, d’échange)
Act 9 : 27 : “L’ayant pris avec lui” a un sens de “venir en aide; secourir; avancer la main“. Barnabas n’a pas fait la même expérience qu’Ananias. Il a pris une initiative heureuse pour introduite l’apôtre dans les milieux chrétiens et les rassurer quant à la réalité du changement profond opéré chez celui qui était un persécuteur de l’Eglise. Act 8 : 1; 9 : 1; 22 : 5.
– Il ne s’agit donc pas d’attendre une révélation du Seigneur pour commencer à se donner aux autres et leur être utile. Il convient plutôt d’être animé des sentiments de Jésus et d’être attentif aux souffrances, aux attentes, aux difficultés du prochain pour entreprendre ensuite des actions concrètes et pratiques en sa faveur. Rom 12 : 13; 15 : 2; Gal 5 : 14; 6 : 9-10; Phil 2 : 4-5.

– Sans un premier temps, le Seigneur a agi dans la vie de Paul par le moyen d’Ananias. Ensuite, ce fût au tour de Barnabas d’être un instrument pour accompagner l’apôtre. Plus tard, d’autres compagnons d’œuvre seront d’un secours précieux pour son ministère. (Timothée, Tite : 2 Cor 7 : 6; Onésiphore :
2 Tim 1 : 16) Ainsi, chaque enfant de Dieu est un maillon de la chaîne d’amour constituée de l’ensemble des disciples. Chacun est invité à participer à l’entr’aide dans l’Eglise, à apporter selon ses richesses, à contribuer au bien-être des autres en mettant à disposition ses qualités, ses capacités, son cœur. Tous les membres sont concernés car tous ont reçu de la part de Dieu afin de contribuer activement à l’édification de cette œuvre d’amour.
– Pour illustrer ce propos, Paul souligne la complémentarité des chrétiens au niveau de la croissance de l’Eglise. 1 Cor 3 : 6-8. Dans Jean 4 : 38, Jésus cite cette réalité. Ainsi, dans le cadre de la communion fraternelle, un frère apporte à un bien-aimé d’une certaine manière, un autre prend soin de ce-dernier différemment, selon ses ressources et ses moyens. Ces actions ne sont pas opposées mais complémentaires, comme le sont les parties distinctes du corps humain assimilé au peuple de Dieu. 1 Co 12
Act 9 : 27 : Après avoir entouré Paul, Barnabas l’a conduit et a été pour lui un guide. Chaque disciple est invité à accompagner et à conduire quelqu’un dans sa marche avec Dieu dans ces domaines :
   – Conduire vers le salut. Les membres de l’Eglise sont des témoins en puissance pour révéler la réalité de l’amour et du pardon divins. Act 1 : 8. Cela nécessite d’annoncer le message de l’évangile aux inconvertis mais aussi d’entourer et de guider ceux qui désirent découvrir Jésus. Il est donc important d’avoir à cœur les personnes placées sur notre chemin afin de leur consacrer du temps, de l’écoute, de la disponibilité pour les amener à Christ.
   – Conduire vers les victoires de la foi. Dans une relation de confiance, de respect, de discrétion, il est possible d’être un précieux soutien pour permettre à un frère ou une sœur de remporter des victoires et ainsi effectuer des progrès dans la vie spirituelle. L’aide est apportée sous forme de prières, de conseils éclairés et judicieux, d’une attitude empreinte de compréhension et de patience. Philémon.
– Barnabas a parlé de Paul de façon positive, favorable. Ceci nous amène à réfléchir sur la manière avec laquelle nous parlons de l’assemblée et des personnes qui la composent. Quand nous évoquons la vie de l’église, en quels termes le faisons-nous ? Mettons-nous l’emphase sur ses défauts, sur d’éventuels problèmes, sur les faiblesses et les points négatifs des autres ? Si je me plains d’un manque d’amour, ai-je l’habitude d’en témoigner concrètement aux autres ? Si je souligne et insiste dans mon cœur sur le manque de considération, d’attention, de soutien à mon égard, est-ce que je manifeste ces qualités vis à vis de mon prochain ?
– Même si un croyant n’est pas comblé ni pleinement satisfait de sa relation avec les autres, il est préférable néanmoins qu’il choisisse de relever les qualités et les éléments positifs de la communion fraternelle. En se confiant dans le Seigneur, il peut trouver également la guérison de ses frustrations et la consolation au milieu de ses déceptions. Ps 18 : 3-4; 28 : 6; 30 : 12; 46 : 2; Es 30 : 15; Lam 3 : 19-26.
– La position qui réjouit le cœur de Dieu est celle qui consiste à vouloir bénir (dans le sens de dire du bien) à la place de médire (dans le sens de dire du mal, même s’il est démontré) Es 50 : 4; Mat 5 : 43-44; 1 Cor 4 : 12; Eph 4 : 29.
– Il est vrai aussi qu’on peut avoir connaissance d’un mauvais témoignage ou de paroles inappropriées. Il ne s’agit pas de nier ni de minimiser des évidences, mais de faire le maximum afin de ne pas les répandre avec la langue. Il convient de ne pas insister, appuyer, ni renchérir et alimenter lorsqu’on est confronté à des attitudes inadéquates. Il est préférable d’user de modération et de retenue et d’éviter d’être un agent de propagation d’éléments négatifs, sinon nous aurons à rendre des comptes au Juge Suprême. Prov 10 : 12; 17 : 9; Jac 3 : 1-12.
Act 9 : 28-29 : Après avoir bénéficié du valeureux soutien d’Ananias et de Barnabas, Paul a acquis une certaine autonomie. Leur présence et leur aide ont été indispensables pour permettre à l’apôtre d’être lancé sur les rails de la volonté de Dieu. Cependant, on remarque les points suivants : Paul n’a pas cherché à continuer de dépendre de ses amis, et ces-derniers n’ont pas profité de leur rôle important pour essayer de dominer et de diriger sa vie.
– La société moderne développe la mentalité qui consiste à mettre l’accent sur les droits de chacun et sur la possibilité d’user et même d’abuser du système pour en profiter au maximum. Parallèlement, on n’évoque pratiquement pas les devoirs auxquels devraient se soumettre les individus. Ainsi, la personne portée par la prière, les conseils, la présence des frères et sœurs ne doit pas s’installer dans cette situation, au risque de tomber dans le piège de l’assistanat spirituel. Le fait de prendre soin les uns des autres est indispensable pour la croissance de l’Eglise. Cependant, ceci ne dispense pas les chrétiens d’éviter de vivre leur foi en étant en permanence dépendants des frères et sœurs. Il convient, tout en bénéficiant du secours fraternel, de dépendre surtout de Jésus. Il est donc essentiel que les relations d’amour et de partages soient équilibrées.
– De plus, pour les croyants qui manifestent du soutien et de la présence afin d’être en bénédiction pour les autres, il est important de faire preuve de prudence et de respect afin de ne pas s’accaparer les gens sous prétexte qu’ils sont aidés. Agir efficacement en faveur d’une personne ne donne pas des droits sur elle. L’amour conduit à ne pas s’imposer dans la vie du prochain et à savoir discerner les limites du soutien à apporter. Le but final réside dans l’amélioration de la condition de l’ami, son autonomie et son épanouissement complet.

Philippe Landrevie

 

 

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