CVA 282 : Quel est le bon motif d’un mariage ?

CoeurJe lisais récemment un article très stimulant dans un magasine chrétien, dont je voudrais vous citer quelques extraits :

Ce qui distingue le plus radicalement le couple de 1900 du couples des années 2000 ce sont les motifs mêmes du mariage. La révolution a été douce mais le résultat est incontestable : les raisons de l’union conjugale ont considérablement évolué au cours du siècle.

Le phénomène a tout d’abord été diffus, discret, pour finalement s’imposer dans les années cinquante : après des années de privation et de séparation, ce qui a poussé les hommes et les femmes à s’unir, ce qui a fait irruption dans la vie des couples et a semé le désordre dans les vies et les cœurs, c’est l’amour ! Le sentiment amoureux est devenu LE motif de mariage de ceux qui veulent unir leurs destinées : « c’est parce que je suis éperdument amoureux de toi, parce que jamais personne n’a aimé comme nous nous aimons, que je t’épouse ». Et c’est précisément parce que l’amour est devenu le fondement du mariage que nos couples sont à ce point fragiles : en effet, si c’est au nom de l’amour que je me marie, devrais-je rester avec celui (ou celle) que j’ai choisi, lorsque cet amour s’en va ? Si l’amour est LA raison de mon union, pourquoi resterais-je si, avec le temps, la passion qui m’animait s’étiole ou si, plus radicalement, mon cœur s’enflamme pour quelqu’un d’autre ? A cause de cela nos contemporains considèrent de plus en plus la vie affective comme une succession de monogamies, car au fond on n’est plus sûrs de pouvoir durer ensemble. Quant à la séparation, elle n’a plus le caractère d’impossibilité qu’elle avait pour nos parents : « si on ne s’entend plus, on pourra toujours divorcer » est devenu une formule sur les lèvres de ceux qui veulent quand même s’engager. Car on attend beaucoup du mariage : être accueilli, aimé, choyé, compris, entouré, cajolé, consolé, écouté… et si, avec le temps, le contrat n’apporte pas ce que l’on attend de lui, on pourra tout simplement reprendre sa liberté. Que le foyer conjugal soit le lieu où l’amour, la paix, la joie d’être ensemble sont recherchés n’a rien d’anormal, mais les difficultés viendront si chacun s’attend plus à recevoir qu’à offrir. Le couple peut mourir d’avoir été trop rêvé. Si j’attend de mon conjoint qu’il me soigne, me répare, me réconcilie avec moi-même et me rend le goût de la vie, la déception sera inévitable car personne, sinon Dieu, ne peut satisfaire de telles exigences » (Frédéric Marchal, « Faut-il avoir peur d’être amoureux ? », Construire ensemble, février 2003, p.6-9).

Je vous laisse méditer sur ces choses et vous faire un avis personnel, mais j’aimerais ajouter : Soyons motivés par l’amour, oui, mais non par l’amour de soi,
Soyons motivés par l’amour, oui, mais par le véritable amour, celui qui consiste à toujours mettre toute notre énergie et nos capacités à nous efforcer d’apporter du bonheur aux autres !
Aimer beaucoup, est-ce beaucoup attendre ou beaucoup donner ? Certains diront « les deux à la fois », mais je vous propose plutôt : Aimer beaucoup c’est beaucoup donner sans rien attendre en retour ! Est-ce fou ? Peut-être ! Mais c’est là l’essence de l’amour chrétien !!
Rappelons-nous en effet que l’agapé, mot grec utilisé dans le Nouveau Testament à propos de notre relation avec Dieu mais aussi de nos relations mutuelles, fraternelles et conjugales, implique un amour qui se donne sans exiger de contrepartie : Heureux celui et celle qui savent aimer ainsi !!

Finalement, tout bien pesé, le bon motif d’un mariage pourrait-être la décision ferme et définitive de rendre l’autre heureux….

Thibaud Lavigne

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