Personne n’échappe aux frustrations. Il n’y a pas de vie sans déceptions ou contrariétés.

Les célibataires connaissent le manque et la solitude. Les époux rencontrent des tribulations (1 Co.7.28) et font souvent le deuil d’une famille idéale.

D’autres rencontrent des problèmes financiers. Même celui qui possède tous les biens nécessaires se trouve frustré de ne pas en avoir davantage. Celui qui a beaucoup voudrait plus encore.

On peut être désolé de ne pas pouvoir se payer la même maison ou les mêmes loisirs que les autres…

On peut ne pas voir ses projets aboutir ou de ne pas obtenir les résultats recherchés…

On peut ne pas vivre la vie qu’on aurait voulue ; les rêves de l’enfance (et même adulte) sont souvent brisés…

On peut même connaître la frustration spirituelle et déplorer que notre foi ne soit pas appréciée à sa juste valeur. On peut souffrir de voir ceux qu’on aime tarder à se tourner vers le Seigneur… C’était pour Paul la source d’un chagrin continuel (Romains 9.2).

Jésus lui-même semble avoir connu ce sentiment face à l’incrédulité (Marc 9.19 : « Jusqu’à quand serai-je avec vous ? Jusqu’à quand vous supporterai-je ? »).

Quel rejet n’a t-il pas subi ? Quelle souffrance intérieure cela a engendré : « combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (Matthieu 23.37).

Pourtant, si la frustration fait partie de la condition humaine, il y a plusieurs façons de la vivre : on peut la fuir, la combattre, l’accepter ou la dépasser. Elle peut parfois nous emporter, gagner nos cœurs, mais elle ne devrait jamais le faire trop longtemps. En effet, elle peut motiver à l’action mais elle peut aussi ronger de l’intérieur.

N’est-elle l’occasion de se recentrer sur l’essentiel : l’amour de Dieu, sa douce et si précieuse présence ?

N’est-elle pas souvent le signe qu’on a besoin d’espérer davantage dans la vie à venir et de se détacher des réalités d’ici-bas ?

N’est-elle pas révélatrice de désirs illégitimes ?

Ne dévoile t-elle pas un besoin de mourir à soi-même ?

Ne nous exerce t-elle pas à nous maîtriser ?

Oui la frustration, bien vécue, peut être à la source de progrès spirituels pour ceux qui aiment Dieu et font ainsi concourir toutes choses à leur bien (Romains 8.28).

Alors, ne frustre pas Dieu de ton amour, il ne te frustrera jamais du sien !

Thibaud Lavigne