Lecture : 1 Rois 17 : 1.

1) MON DIEU EST L’ETERNEL.

– La signification du nom d’Elie est la suivante : « Mon Dieu est l’Eternel« . Cette expression nous conduits à nous demander qui est réellement notre Dieu. En effet, plusieurs affirment : « Ni Dieu ni maître« . Or, la bible affirme que chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui : 2 Pi 2 : 19. Celui qui pratique le péché, quel qu’il soit, en est esclave. Jean 8 : 34.
– La bonne nouvelle de l’évangile réside dans la puissance de libération de Jésus et dans l’efficacité du pardon divin pour ceux qui se repentent et se confient dans l’amour de Dieu. Luc 4 : 16-21; Jean 8 : 36;
– Le but du Seigneur est de conduire chaque homme et femme à affirmer : « Mon Dieu est l’Eternel« . Cependant, on peut être croyant et ne pas pouvoir prononcer une telle déclaration car on reste esclave de son péché, d’une passion, d’une activité, de ses mauvaises tendances, de son caractère, de pensées, de paroles, d’attitudes qui ne correspondent pas à la sainteté de Dieu. Plusieurs occupations ou préoccupations peuvent dominer la vie du croyant : l’argent : Mat 19 : 16-24; Act 5 : 1-11; le sport : 1 Tim 4 : 8; le travail; les loisirs; le confort procuré par les biens matériels : Aggée 1 : 4; toutes les sollicitations au sujet des choses de la terre.
– Parmi cette liste, plusieurs activités ou éléments ne sont pas condamnables en eux-mêmes. En effet, l’engagement dans une vie professionnelle est souhaitable et peut être une source d’épanouissement; les moments de détente, le fait de jouir de certains avantages ici-bas (richesses, facilités matérielles) font partie des bienfaits accordés par le Seigneur. 1 Tim 6 : 17. Le problème survient quand ces éléments deviennent des priorités et accaparent de façon exclusive les pensées. Les Ecritures parlent alors d’idolâtrie. Ez 14 : 3.
– Le désir de Jésus est d’entraîner Ses disciples à déterminer les bonnes priorités afin que le Seigneur ait la première place dans le cœur. Mat 6 : 33. Cela se traduit par des pensées orientées vers les choses d’en haut : Col 3 : 2, une application à se nourrir de la méditation de la Parole : Mat 4 : 4, une soif de chercher la face de Dieu au travers de la prière sous tous ses aspects (louange, remerciements, supplication, intercession, silence) 1 Tim 2 : 8, un enthousiasme pour s’impliquer activement dans l’exercice d’un ministère et être ainsi à la disposition de l’église Rom 12 : 11; 1 Pi 4 : 10, un élan pour rechercher et développer la communion fraternelle Act 2 : 42.
– La traduction de ces réflexions est résumée par le verset suivant : Luc 10 : 27. Que chaque membre de l’église puisse régler sa vie en fonction de cette invitation du Seigneur. De plus, Jésus n’est pas venu offrir Sa vie pour conduire les hommes et les femmes à être des croyants religieux et superficiels, mais pour les transformer afin qu’ils deviennent des disciples imprégnés des enseignements et de la vie de leur Maître.

2) LE DIEU D’ISRAËL DEVANT QUI JE ME TIENS.

– Nous avons au travers de ce verset la connaissance d’une caractéristique remarquable d’Elie : cet homme a l’habitude de se tenir devant son Dieu. Cette expression souligne la notion de permanence, de continuité. Le temps du verbe « se tenir » est un présent continu. Elie ne se réfugie pas dans la présence de son Seigneur une fois de temps en temps, mais il a vraisemblablement intégré dans son programme des moments de communion avec l’Eternel.
– Le prophète est originaire d’une contrée située à l’est du Jourdain, Galaad, qui signifie « dur, rugueux« . Cela fait certainement référence au caractère difficile de la vie dans cette région. Cependant, ce contexte n’a pas empêché Elie de favoriser sa relation personnelle avec l’Eternel.
– Ce point soulevé est en rapport avec des situations particulièrement douloureuses rencontrées par plusieurs. En effet, des bien-aimés déplorent l’aspect rugueux, dur, pénible de leur vie. Certains sont confrontés à une situation matrimoniale délicate, à la solitude, à des problèmes de famille épineux, à la précarité, à la maladie. D’autres sont toujours affaiblis par des blessures et des meurtrissures qui sont des conséquences de traumatismes du passé.
– Dans ces conditions, on souhaite bénéficier de conditions plus favorables et avantageuses pour exprimer la foi. On peut même penser que la relation avec le Seigneur serait meilleure si le contexte était plus propice. Ainsi, le croyant peut développer des pensées dans le style suivant : « Si je n’étais pas malade, si j’avais un mari ou une femme, si je n’avais plus de problèmes financiers, si mon emploi du temps était plus souple…, alors je serais en meilleure forme spirituelle, je me tiendrais davantage en présence de Dieu« .
– Ceci n’est absolument pas garanti, car de nombreuses personnes sont parfaitement valides ou vivent en couple ou ne sont pas exposées à des difficultés pécuniaires…et ne sont pas pour autant en excellente santé spirituelle ou consacrée à Dieu. Parallèlement, on rencontre des chrétiens exposés à de terribles épreuves et qui reflètent la vie de Jésus parce qu’ils sont en relation vivante avec leur Seigneur.
Le Seigneur souhaite nous amener à nous délecter de Sa présence et à être imprégnés de Sa vie même lorsque le contexte est dur et rugueux. La situation difficile peut être appréhendée comme un défi et un moyen de s’attacher plus intensément à Jésus en se tenant devant Sa face.
– Ainsi, pour illustrer ce propos et encourager la foi, la bible présente des disciples ayant favorisé leur communion personnelle avec leur Créateur dans des conditions hostiles. Exemple de Joseph déraciné de sa famille dans sa jeunesse et devenu esclave en Egypte : Gen 39-50; Job ayant perdu ses biens matériels et tous ses enfants; Daniel déporté à l’âge de l’adolescence à Babylone; Paul : Phil 4 : 10-13; les fidèles livrés à la persécution et demeurés fermes dans la foi : Heb 11 : 35-40.
– L’aspiration à bénéficier de conditions de vie plus favorables est tout à fait légitime et normal. Le Seigneur cherche des gens qui sont prêts néanmoins à se tenir dans Sa présence pour développer leur intimité de cœur avec Lui même dans des circonstances pénibles.
– Chacun admet et reconnaît volontiers que la volonté peut se révéler insuffisante en raison des incapacités et des faiblesses humaines. Cependant, lorsque quelqu’un est déterminé à privilégier coûte que coûte sa vie spirituelle avant tout autre domaine de son existence, le Seigneur lui vient en aide et agit efficacement pour manifester Sa présence, Son soutien, Ses forces, Son secours, Sa fidélité. Es 43 : 2; 44 : 3; Ps 34 : 18-20; 46 : 2; 2 Cor 4 : 7-9; 12 : 9-10.
– Ainsi, quand une église se mobilise pour se placer devant le Seigneur, le Saint-Esprit intervient et permet l’exercice des dons spirituels, Il enrichit les chrétiens rendus capables de porter le fruit de l’Esprit, Il communique la vie divine sous toutes ses formes (réponses à des prières, délivrances, guérisons, convictions de péchés, attitudes de repentance, soif de Dieu, communion fraternelle…)

3) LE DIEU D’ISRAËL DONT JE SUIS LE SERVITEUR.

– Elie était un homme habitué à la présence de Dieu. L’autre aspect de ce même verset est le suivant : le prophète s’est engagé à être serviteur de l’Eternel. Nous avons ainsi les 2 principales dimensions du salut : premièrement Jésus s’est offert sur la croix afin que tous les êtres humains soient sauvés et expérimentent une relation vivante avec leur Sauveur. Luc 10 : 27; Act 2 : 38; 3 : 19; 1 Tim 2 : 4. Deuxièmement, le Seigneur appèle Ses disciples à être impliqués activement avec joie et amour dans Son œuvre. Deut 10 : 12; 1 Chro 28 : 9; Tite 2 : 14; 3 : 8; 14; 1 Pi 4 : 10.
– La bible éclaire sur la valeur de chaque personne et sur ses capacités à être utile. 1 Rois 17 : 1 précise qu’Elie était « l’un des habitants de Galaad« , autrement dit, il n’était pas un personnage élevé ou spécialement en vue sur un plan social, économique ou politique dans sa contrée. Aujourd’hui, on dirait qu’Elie était « monsieur tout le monde » !
– Dans le cadre de la communauté, les chrétiens peuvent affirmer la vérité suivante : « je suis simplement untel, l’un des habitants de la région de Niort fréquentant le Centre Evangélique« . La grâce de Dieu se manifeste de façon particulière lorsque le Seigneur sauve une personne, la transforme, la qualifie et la guide pour l’exercice d’un service en vue de l’utilité commune. Tous les enfants de Dieu sont concernés par un engagement pratique dans la vie de l’assemblée. Eph 2 : 10. Dieu n’appelle pas des gens suffisants et qui se croient capables par eux-mêmes, mais il compte sur des fidèles conscients de leurs impossibilités et de leurs limites mais qui s’appuient par la foi sur les capacités, les compétences et les qualifications communiquées par le Saint-Esprit. Ex 35 : 30-34; Es 26 : 12; 1 Cor 1 : 26-29; 2 Cor 3 : 5; Heb 13 : 21.
– La croissance de l’œuvre de Dieu s’articule autour des 5 ministères cardinaux ou fondamentaux : apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs, docteurs ou enseignants. Ensuite, dans l’église, il y a autant de ministères – ou services – que de besoins accomplis par l’ensemble des membres eux-mêmes et non pas par une minorité seulement. Eph 4 : 11-12 met en lumière ces aspects et révèle que les saints, c’est-à-dire les disciples, sont perfectionnés, équipés afin d’accomplir leurs tâches dans l’assemblée en vue de l’édification, de la construction et de la croissance de l’église.
– Ainsi, chacun est appelé à se sentir concerné, utile, précieux pour se mettre à la disposition du Seigneur et des frères et sœurs en fonction de ses possibilités, de ses compétences et d’éventuelles directions de Dieu. Certains sont orientés vers un ministère en vue : prédication, chants, musique…, d’autres sont impliqués dans des œuvres cachées mais néanmoins appréciables et valeureuses pour le développement de l’œuvre divine et l’harmonie de l’ensemble : visites, prières, travaux, ménage…
– Seulement, chaque chrétien doit réfléchir à la façon dont il sert Jésus. En effet, le risque est grand de privilégier l’activité, le service au détriment de la recherche personnelle de la présence du Seigneur. L’engagement dans l’église peut alors déraper vers une occupation charnelle vide de consistance et de réalité spirituelle. Le service accompli sera d’autant plus efficace que la communion avec le Saint-Esprit sera développée.
– Jésus Lui-même a expérimenté ces réalités. Avant de s’engager dans les œuvres que Son Père Lui montrait, le Seigneur prenait du temps dans Sa présence. Marc 1 : 35-39; Luc 6 : 12-16.
Luc 2 : 49 : Jésus indique que Son rôle et Sa raison de vivre sont de s’occuper des affaires du Père Céleste. Il est intéressant de noter une autre traduction pour ce verset : « Ne saviez-vous pas qu’il faut que je sois dans la maison de mon Père ? » On retrouve ainsi les caractéristiques de la vie d’Elie : la recherche de la présence de Dieu et la mise en pratique des œuvres prévues et proposées par le Seigneur.

Philippe Landrevie