Lecture : 1 Cor 12 : 7-11.

 

1) LE DON DE FOI.

a) Définition.

– Le don de foi est l’onction surnaturelle communiquée par le Saint-Esprit dans un moment et une circonstance précise dans le but qu’une parole ou une volonté exprimée par le chrétien devienne créatrice de faits. Il manifeste un miracle, un prodige ou le fait de chasser certains démons pour lesquels une foi ordinaire est insuffisante.
– La foi dont il est question ici n’est pas celle démontrée par l’homme pour entrer dans le salut proposé par Jésus. Elle n’est pas non plus celle qui permet au disciple de grandir et d’avancer dans sa marche avec Dieu. En effet, concernant ces éléments, la bible rappelle que le Seigneur ne donne pas la foi, mais que cette-dernière est la responsabilité de l’homme. Les Ecritures mettent en lumière la foi personnelle de chacun. Mat 8 : 13; 9 : 2; 29; Marc 5 : 34; Act 3 : 16.
– Il est à noter que Jésus n’a pas répondu favorablement à la requête des disciples lorsque ces-derniers Lui ont demandé d’augmenter leur foi. Le Seigneur les a orientés sur le chemin de la prise de position personnelle. Jean 17 : 5-6.
– Bien évidemment, Dieu fait concourir des circonstances, Il agit par Son Esprit, Il communique Sa Parole pour aider l’homme à manifester sa foi. Une personne qui recherche le Créateur de tout son cœur, qui décide de croire et de dépendre de Jésus est toujours secourue dans sa démarche. Marc 9 : 24.

b) Caractéristiques.

– Ce don répond à un besoin particulier dans un temps et des situations qui nécessitent une action surnaturelle de la part du Saint-Esprit.
– Il produit une ferme conviction au sujet de la réalisation de la chose prononcée, quelles que soient les circonstances apparentes.
– Il communique une démonstration divine à l’intérieur de l’individu concernant la concrétisation de la chose prononcée ou espérée et au sujet de laquelle Dieu a promis d’agir. Dan 3 : 16-18.
– Il accorde une paix parfaite, une totale maîtrise intérieure et une sérénité infaillible. Act 27 : 25.
– Il communique l’autorité divine sur toute la puissance de l’ennemi.
– L’exercice de ce don permet de prononcer une bénédiction spirituelle prophétique. Héb 11 : 20.
– Il assure de la délivrance dans le danger. Act 12 : 6; 16 : 25-26.
– Il donne les moyens de demeurer ferme dans des épreuves durables dont les conséquences naturelles devraient être mortelles. 1 Rois 17 : 3-4; 8-16; 2 Rois 4 : 38-41.
– Il aide à recevoir de la part de Dieu des promesses extraordinaires et irréalisables humainement. Rom 4 : 18-22; Héb 11 : 7.
– Il peut conduire à des jugements spirituels ou des sanctions divines. 2 Rois 2 : 23-24; 7 : 19-20; Act 5 : 9-10; 13 : 9-12.
– Il intervient pour remporter une victoire surnaturelle dans les combats. Ex 17 : 11; Jos 10 : 12-14.
– Il permet à un homme de Dieu d’être un instrument de bénédiction pour ressusciter les morts.
2 Rois 4 : 33-37; Marc 5 : 8-13; 41-42; Act 9 : 36-42.

c) Erreurs d’utilisation.

– Confondre le don de foi avec la confiance placée dans la personne du Seigneur pour saisir les grâces divines et vivre selon la volonté de Dieu.
– Penser qu’il peut s’exercer d’une manière continuelle comme doit s’exprimer la foi courante, alors qu’il est un don ponctuel pour une action précise en des circonstances et des temps déterminés par Dieu et sous son impulsion. Le Seigneur reste souverain et déclenche par Son Esprit sa manifestation dans la vie du chrétien.

2) LA PRATIQUE DES DONS SPIRITUELS.

a) Une bénédiction pour l’église.

– L’exercice des dons spirituels est le témoignage de la vie de l’Esprit et de la vitalité d’une assemblée. Ils permettent à l’œuvre de Dieu de se développer plus efficacement en contribuant à l’édification des membres. Des inconvertis peuvent être interpellés et bénis grâce à leur expression.
– Tous les croyants baptisés du Saint-Esprit doivent les rechercher et s’attendre à les vivre. Ils ne s’obtiennent pas par un mérite, par un marchandage avec Dieu, par la pratique d’œuvres ni par une conduite parfaite et une sainteté absolue. Bien évidemment, il est important pour le disciple d’avoir à cœur de bonnes actions qui glorifient le Seigneur : Eph 2 : 10; Tite 2 : 7; 14; 3 : 1; 14. Il est également essentiel pour le chrétien de se laisser perfectionner par le Saint-Esprit et de rechercher la sanctification afin de porter du fruit à la gloire de Dieu. Gal 5 : 22; 1 Thes 5 : 23; Héb 12 : 14. Cependant, ce n’est pas sur la base de ces éléments que Dieu accorde les dons spirituels mais sur le fondement de la foi dans la réalisation des promesses divines contenues dans Sa parole.
L’exercice des dons spirituels n’est pas réservé à une élite, à des spécialistes ou à des croyants super sanctifiés ! Il est nécessaire pour plusieurs de balayer de leur cœur les pensées d’indignité, d’incapacité, d’auto dénigrement, de dévaluation permanente. Personne n’est digne de recevoir les faveurs et les bienfaits du Créateur. D’ailleurs, le mot « don » employé dans 1 Cor 12 : 4; 9; 31 a la même racine grecque que le mot « grâce » qui signifie « faveur imméritée », « don gratuit ».
– Une réflexion élargie conduit à préciser la réalité suivante : chaque chrétien a reçu de la part de Dieu des dons, des talents, des facultés humaines ou spirituelles destinées à être exploitées et mises au service de la collectivité. Gal 5 : 13; 1 Pi 4 : 10. Chacun doit être convaincu de sa nécessité, de son rôle, de son potentiel, de ses possibilités d’expression et de son utilité dans le corps de Christ. 1 Cor 12 : 14-27.
La responsabilité de chaque croyant est donc tout simplement de rechercher le Seigneur de tout son cœur, de demeurer dans la confiance et de rester disponible pour être utilisé en fonction de la souveraineté de Dieu. 1 Sam 3 : 10; Act 9 : 6; 1 Cor 12 : 11.
1 Cor 14 : 1; 13; 39 : La volonté, inséparable de la foi, le désir personnel, la détermination à être une bénédiction pour les autres sont des qualités indispensables pour vivre l’action de l’Esprit.
– Le manque de confiance et le doute peuvent empêcher l’expression des dons spirituels et les étouffer. Pour prendre une victoire, pour oser se lancer et gagner en assurance, il convient de partager ces éléments avec le pasteur et des frères et sœurs ayant une certaine expérience dans cette pratique.

b) Une prudence nécessaire.

– L’état d’esprit souligné par le livre des Actes est celui de la communion fraternelle, du partage, de la confiance dans les relations, du respect réciproque des ministères. De ces qualités découle la nécessité d’un contrôle, d’une saine surveillance (dans le sens de « veiller sur ») de l’exercice des dons spirituels. En effet, ces-derniers sont donnés à l’église par le Seigneur pour l’édification, le développement harmonieux et la croissance de l’œuvre divine. Mais des dérives et des erreurs peuvent surgir et amener des blessures, des traumatismes profonds et de grandes difficultés. Des assemblées ont souffert à cause d’expressions d’origine charnelle voir diabolique qui ont été prises pour des dons de l’Esprit sans en être. (Exemples de pseudos prophéties promettant la naissance d’un enfant, l’appel à un service pastoral…)
– L’expérience révèle les dangers occasionnés par des croyants communiquant leurs pensées personnelles et les faisant passer pour des dons spirituels. Ils prennent ainsi des risques et jouent avec la vie…des autres. Pour éviter ce genre de mésaventures, il est sage, judicieux et biblique de ne pas exercer les dons de l’Esprit de façon indépendante mais d’accepter le contrôle et la vérification des autres.
1 Cor 14 : 29; Eph 5 : 21. Dans ces conditions, l’œuvre de Dieu peut prospérer et grandir de façon harmonieuse.

Philippe Landrevie