Lecture Act 3 : 1-10.

1) LE DON DE GUERISON.

a) Définition.

– La maladie et ses conséquences ont été introduites dans le monde à cause de la chute de l’homme. C’est le fruit de l’œuvre diabolique, laquelle a été détruite à la croix. C’est pourquoi Jésus, par la puissance du Saint-Esprit, a donné le don de guérison à l’Eglise afin que celle-ci manifeste les actions et accomplisse les projets de Dieu. Jean 14 : 12.
– Dans le texte original de 1 Cor 12 : 9; 28; 30, le mot « don » est au pluriel. Il s’agit donc des dons de guérison. On peut ainsi préciser que ce don spirituel est constitué d’un groupe de dons, chacun s’appliquant à un type précis de maladie et donc de guérison.
– Le don des guérisons est la manifestation surnaturelle, par le Saint-Esprit, de la puissance divine pour guérir tous les maux physiques, qu’ils soient organiques, fonctionnels ou nerveux, aigus ou chroniques, quelle qu’en soit l’origine (accidentelle ou maladive) La guérison peut être instantanée ou progressive. Il fait partie des dons de puissance avec le don des miracles et celui de foi.

b) Caractéristiques.

– Il ne s’exerce pas arbitrairement selon la volonté humaine, mais il correspond à une nécessité dans la réalisation du plan de Dieu. Le disciple ayant reçu la grâce de l’exercer ne choisit pas les moments de le manifester. Le Seigneur, à qui appartient ce don, reste souverain. Il permet à des malades incurables devant lesquels la science et la médecine sont impuissantes d’être miraculeusement guéris.
– Jésus est capable de se manifester à n’importe quel moment par une délivrance, même après de longues années d’attente et de patience. Marc 5 : 25-34; Luc 13 : 10-14; Jean 5 : 1-9. Dans ces 3 passages, les Ecritures mentionnent la durée du handicap ou de la maladie : 12 ans, 18 ans, 38 ans. Ces textes encouragent à s’attendre à la grâce toute-puissante de Dieu pour expérimenter un miracle au niveau du corps et de l’âme.
– Le don de guérison peut avoir une expression orale. Luc 17 : 11-14; Jean 4 : 50; 9 : 6-7;
Act 3 : 6; 9 : 32-34. Il peut se manifester par imposition des mains sur le malade. Marc 1 : 40-42.
– Il peut aussi se traduire par d’autres moyens : l’ombre de Pierre et des linges ayant touché Paul. Act 5 : 15; 19 : 11-12. Le Seigneur est libre d’utiliser les moyens qu’Il souhaite pour glorifier Son nom. Pierre n’a pas décrété que son ombre guérirait les malades. Paul n’a pas non plus déterminé de lui-même que des malades seraient guéris au contact de vêtements l’ayant touché. L’initiative et les modes d’actions viennent de Dieu. Le chrétien est simplement un canal, un support entre les mains de Jésus pour soulager et délivrer. Il convient de ne pas établir des doctrines à partir d’expériences personnelles, mais il s’agit de rester disponible car le Seigneur est capable de guérir en empruntant des méthodes surprenantes et déroutantes. Nous n’avons pas à restreindre le Créateur au risque de limiter Ses interventions bénéfiques. Ainsi, croyons que la guérison peut intervenir par le moyen d’un enfant, d’un jeune, d’un croyant n’ayant pas nécessairement de ministère en vue.
– En effet, tous les croyants sont potentiellement des instruments de bénédictions entre les mains de Dieu. Act 9 : 10-19 : Ananias n’était ni un apôtre ni un ancien dans l’Eglise primitive. Il n’a pas été choisi par le Seigneur parce qu’il avait une fonction élevée dans son assemblée. Il était un disciple au milieu de tous les autres, il aimait Jésus et Le suivait. Dans Sa grâce souveraine, Dieu l’a appelé pour accomplir une guérison au profit de Paul.
Marc 16 : 15-18 : Jésus n’exclut personne quant aux possibilités d’être utilisé pour accomplir Ses œuvres. Les miracles sont réalisés par le Seigneur au moyen de tous Ses enfants sans exception. Chaque chrétien est invité à demeurer dans la foi et dans la disponibilité pour permettre au don de guérison d’être exercé.
– Dans certains cas, la foi du possesseur du don peut suppléer à celle du malade.
– De plus, il peut être manifesté exceptionnellement dans la vie de quelqu’un ou de façon régulière et permanente. Dans ce dernier cas, cela ne doit pas faire oublier que Dieu reste le pourvoyeur et le seul Maître dans l’attribution de l’exercice de ce don.

c) Erreurs d’utilisation.

– Confondre ce don avec une prière formulée avec foi et à laquelle le Seigneur répond sans même qu’il y ait nécessairement l’expérience du baptême de l’Esprit dans la vie de celui qui prie. Jac 5 : 14-16.
– Associer le don avec des pratiques médicales humaines, même si ces-dernières sont valables et ont des résultats louables. A ce propos, le Seigneur n’est pas opposé aux traitements médicamenteux. Les suivre n’est pas obligatoirement un manque de foi mais une preuve de sagesse. Par contre, il convient de ne pas se reposer dessus pour s’attendre à l’intervention divine.
– Confondre avec des dons occultes qui n’ont pas leur source dans la puissance du Saint-Esprit (magnétisme, guérisseurs, spiritisme, radiesthésie, magie, sorcellerie)
– Confondre avec de la suggestion ou de l’autosuggestion dont l’expression est la puissance exercée par l’âme de l’homme sur son corps (méthode « Coué ») Il convient de souligner le fait suivant : une forte détermination et une volonté sans faille (fonctions de l’âme) ont souvent un effet bénéfique sur le corps et sont des agents efficaces pour conduire sur le chemin de la guérison.

2) LE DON DES MIRACLES.

a) Définition.

– Le don des miracles est la manifestation surnaturelle, par le Saint-Esprit, de la puissance divine pour suspendre ou transformer le cours des lois physiques naturelles afin de réaliser une œuvre particulière pour la gloire de Dieu et la réalisation de Son plan.
Remarque : les actions miraculeuses sur le corps humain ne font pas partie de ce dont mais sont à classer dans le don des guérisons.

b) Caractéristiques.

– Ce don ne s’exerce pas arbitrairement selon la volonté humaine mais il correspond à une nécessité dans la réalisation du plan divin.
– Il peut s’exprimer par un ordre oral : Josué 10 : 12, ou par un geste : Ex 14 : 21.
– Le miracle peut se manifester sous une apparente cause naturelle, mais elle arrive au lieu, dans le temps et dans les circonstances désirées car elle est en fait le produit d’une action divine.
Josué 3 : 14-17 : Les eaux du Jourdain ont été retenues à une distance d’à peu près 25 km en amont de Jéricho. Des écrits historiques mentionnent les faits suivants : en 1266 ap J.C., le lit du fleuve resta sec pendant 10 heures à la suite d’un glissement de terrain. En 1927, un tremblement de terre provoqua l’effondrement d’une berge près de la localité d’Adam, obstruant ainsi le Jourdain pendant plus de 20 heures. A l’époque de Josué, les eaux ont vraisemblablement été retenues par des causes naturelles. Seulement, l’action miraculeuse du Seigneur réside dans le fait que cela s’est passé au bon moment et au bon endroit, quand Israël a entrepris de passer dans le pays de Canaan.
– Autres exemples : les cailles et la manne dans le désert : Ex 16 : 13-29; Pierre marchant sur l’eau: Mat 14 : 24-33.
– Le Seigneur permet à Ses serviteurs de manifester ce don pour des délivrances et des libérations: Mat 8 : 26; pour pourvoir aux besoins de Ses enfants : 1 Rois 17 : 16; 2 Rois 4 : 1-7; Jean 6 : 1-15; pour exécuter des jugements divins : Ex 7-11; Act 5 : 1-11; pour aider les gens à croire et à manifester leur foi : Jean 2 : 1-11; Act 13 : 6-12.
– Il permet de ressusciter les morts, le corps sans vie étant de la matière inerte, il ne s’agit pas de guérison. Jean 11 : 43-44; Act 9 : 36-42; 20 : 7-12.

c) Erreurs d’utilisation.

– Croire que le possesseur peut l’exercer quand il le désire.
– Confondre les 2 sources de la puissance des miracles (divine et satanique) Mat 24 : 24;
2 Thes 2 : 9; Apo 16 : 14.
– Nier une action divine miraculeuse parce qu’elle se manifeste par un fait naturel, et parler ainsi de hasard et de coïncidence.
– Confondre une action humaine remarquable ou extraordinaire, mais naturelle, avec une manifestation miraculeuse.
– Dévaluer la puissance du mot « miracle » par son emploi dans le domaine naturel, même s’il s’agit d’œuvres remarquables et merveilleuses. Quand le témoignage des bénédictions et des bienfaits de Dieu est communiqué, il s’agit de veiller à ne pas déformer ni gonfler artificiellement la vérité afin de ne pas attribuer le don spirituel des miracles à une personne qui ne l’a pas manifesté.

Philippe Landrevie