Lecture : MATTHIEU 27/42

A la croix, le faible est fort, le fort est faible ! Cette fausse force s’exprime par une ironie cruelle. Ecoutez les tortionnaires de Jésus :

« Il a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même. Il est Roi d’Israël, qu’il descende de sa croix, et nous croirons en lui ».

Et s’il était descendu de sa croix ? Hypothèse farfelue que nous sommes tentés de rejeter d’un haussement d’épaule et pourtant !…
S’il était descendu de la croix, sa mission était manquée. S’ils avaient cru en lui, je dis bien « si », car j’en doute, ils auraient cru en un vaincu. Jadis, seulement trois ans en arrière, une voix doucereuse (celle du diable) avait dit :

“Fais du pain avec des pierres, tu en as le pouvoir”.

Cette même voix, relayée par celles ironiques et méchantes des hommes lui crie :

« Descends, tu en as le pouvoir. Allez, vas-y, descends, montre leur qui tu es ! »

Mais si trois ans avant il avait repoussé verbalement la tentation, là  il se tait.

C’est le silence du vainqueur.

C’est pour cette heure que je suis venu. Elle est là, je veux la vivre. Voilà ce que pouvait se dire Jésus en lui-même, dans ce moment si dur. Le pain, il l’avait fait, mais pour eux. Oui, il avait marché sur les eaux, mais pour aller vers les autres. Sa puissance n’avait jamais été mise en œuvre que pour eux, jamais pour lui-même. Il avait eu faim et soif, il avait enduré sans se plaindre, sa condition d’homme, lui qui est Fils de Dieu. Non, décidément, il ne pouvait descendre de la croix, puisqu’il était venu pour cela !

Il fallait qu’il meure pour nous. Il l’a fait !

Jean COMTESSE ✝