Lecture : Matthieu 27/46

La solitude est parfois recherchée. Le plus souvent, elle est un mal terrible. Désirée, elle peut être parfois le signe annonciateur d’une dépression nerveuse. Mais aucune solitude, si terrible soit-elle, n’égale en intensité, celle qui s’exprime dans le cri de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Solitude absolue, privation totale d’amour. Les seules paroles qu’il entend sont inspirées par la haine, chargées d’ironie ou de stupidité. Privé de vêtements, il est nu.

Privé de Dieu, il est privé de communion ; personne ne le comprend. Privé de ses compagnons, c’est la solitude la plus complète. Quand bien même on le voudrait, on ne peut plus rien lui enlever ! Alors, au « Pourquoi ? » du Fils s’ajoute le nôtre ! Pourquoi tant de perfection dans l’horreur ? Nous ne pouvons certainement pas comprendre toutes les raisons, mais certaines, oui ! Une en particulier : il n’est pas là, sur la croix, par hasard, mais pour y accomplir une œuvre unique pour laquelle il ne peut être associé avec personne. Il est le seul qui remplisse les conditions pour que nous soyons sauvés, et il faut que la punition qui le frappe ne soit pas la sienne.

Jésus ne souffre que pour nous. Abandonné des hommes ? Soit ! Mais abandonné de Dieu, c’est trop ! Pourtant cela était inévitable. Sur lui reposaient nos péchés et ceux du monde entier. Il subit le lot des pécheurs séparés de Dieu ! Le pécheur abandonné de Dieu est en enfer. Jésus a vécu ses ultimes minutes sans Dieu afin que nous puissions toujours avoir Dieu avec nous.

Jean COMTESSE